Tandis que les rois Stuart font venir la Renaissance de France, une reine élevée à la cour de François Ier rentre au pays — et y trouve la Réforme et le bûcher.
Avant la Renaissance, l'Écosse est un royaume médiéval et fier, lié à la France par la vieille « Auld Alliance » contre l'Angleterre. Ses grandes abbayes gothiques — Melrose, Dryburgh — jalonnent les Borders, ses rois Stuart règnent depuis Édimbourg et Stirling, et sa culture regarde autant vers Paris que vers Londres. C'est un pays de pierre, de clans et de foi, à l'écart des grands foyers italiens.
La Renaissance y arrive par la France. Jacques V, marié coup sur coup à deux princesses françaises — Madeleine de Valois puis Marie de Guise — fait venir maçons et artistes du Continent : il pare le palais de Stirling d'une façade Renaissance sculptée et d'un extraordinaire plafond de médaillons, les Stirling Heads, et rebâtit Falkland dans le style français le plus pur, avec la plus ancienne cour de jeu de paume de Grande-Bretagne. Sa fille, Marie Stuart, élevée à la cour des Valois, rentre en 1561 pour régner sur un pays qu'elle ne reconnaît plus : la Réforme calviniste, menée par le farouche John Knox, y a triomphé. Entre la reine catholique et le prédicateur, l'Écosse se déchire ; les abbayes tombent, Marie perd son trône, puis sa tête.
Mais de ce drame naît une œuvre durable. En 1603, le fils de Marie, Jacques VI d'Écosse, hérite aussi de la couronne d'Angleterre : pour la première fois, un seul roi règne sur toute l'île, et c'est un Écossais. La Renaissance écossaise, si française de goût et si tragique de destin, s'achève ainsi par un paradoxe éclatant — c'est l'Écosse qui, finalement, monta sur le trône de Londres.
Pouvoirs et conflits
Liée à la France par l'Auld Alliance, l'Écosse des Stuart bascule avec la Réforme de John Knox (1560) et le règne tragique de Marie Stuart, rentrée de France en 1561. En 1603, son fils Jacques VI unit les couronnes d'Écosse et d'Angleterre : l'Union des Couronnes.
Arts, architecture et savoirs
Jacques V importe une Renaissance de goût français : la façade et les Stirling Heads du palais de Stirling, le palais de Falkland, les plus purs de Grande-Bretagne. La poésie de cour (les makars), l'imprimerie et, bientôt, la Réforme forgent une culture savante et disputée.
Vivre à la Renaissance
Entre les Highlands des clans, les Borders des raids et les burghs marchands de la côte, l'Écosse vit de l'élevage, de la pêche et du commerce avec la France et les Flandres. Édimbourg, capitale entassée sur son rocher, en est le cœur battant.
Figures
- Marie Stuart, reine d'Écosse
- Jacques V
- John Knox
- Marie de Guise
- Jacques VI et Ier
Repères
- 1538-1542 — Jacques V pare Stirling et Falkland à la française
- 1560 — Réforme écossaise (John Knox)
- 1561 — retour de Marie Stuart de France
- 1603 — Union des Couronnes sous Jacques VI et Ier
À voir
- Palais et château de Stirling
- Palais de Falkland (Fife)
- Palais de Holyrood (Édimbourg)
- Château d'Édimbourg
- Abbaye de Melrose (Borders)
- Palais de Linlithgow (naissance de Marie Stuart)
- Château de Craigmillar (Édimbourg)
- St Andrews (cathédrale et université)
De la façade française de Stirling au trône d'Angleterre hérité par Jacques VI, la Renaissance écossaise, si française de goût et si tragique de destin, finit par conquérir Londres.


