Contexte économique, social et religieux
Entre dans la cour de Falkland et lève les yeux vers les façades sud et est : sous une reine de Grande-Bretagne encore toute gothique, s'ordonne l'un des premiers décors pleinement Renaissance de l'île — pilastres réguliers, colonnes engagées, médaillons à l'antique. Ce fut l'œuvre de Jacques V, roi d'Écosse marié deux fois à des princesses françaises, qui rapporta de France le goût des châteaux de la Loire.
Une façade venue de la Loire
Après ses séjours en France et ses mariages avec Madeleine de Valois (fille de François Iᵉʳ) puis Marie de Guise, Jacques V lança en 1537 la transformation de Falkland. Regarde le rythme de la façade est : six travées scandées par des contreforts-pilastres portant des colonnes engagées (carrée puis corinthienne ronde), coiffées de niches à statues montant jusqu'à la corniche. Entre les fenêtres s'insèrent des paires de médaillons italianisants à têtes de profil, et les lucarnes reçoivent des frontons cintrés. En 1539, jusqu'à soixante maçons y travaillaient ; l'ouvrage fut achevé vers 1541.
Le pont franco-écossais
Falkland matérialise l'« Auld Alliance » dans la pierre : des maçons français, dont Nicolas Roy, y transposèrent le vocabulaire de la première Renaissance française, quand l'Angleterre en était encore aux ornements plaqués. Les médaillons à l'antique de Falkland sont les cousins de ceux d'Édimbourg et de Stirling — toute une génération de sculpture royale écossaise nourrie de France. À voir : les façades sud et est de la cour, les pilastres et colonnes engagées, les médaillons à profils, les niches à statues.
Le saviez-vous ?
Pendant que l'Écosse de Jacques V couvrait ses palais de médaillons à l'antique venus de France, l'Angleterre d'Henri VIII restait, elle, largement gothique dans ses grandes façades. Pour une fois, c'est par le nord que la Renaissance architecturale entra dans l'île : Falkland et Stirling précèdent, de près d'un siècle, les palais classiques d'Inigo Jones.


