C'est d'un château gallois qu'est parti l'homme qui allait fonder la dynastie des Tudors — et sous une bannière au dragon rouge qu'il a conquis l'Angleterre.
Avant les Tudors, le Pays de Galles est une terre conquise et fière : hérissée des puissants châteaux qu'Édouard Ier y dressa pour mater les princes gallois, elle garde vivante, dans ses montagnes, la mémoire de son indépendance perdue et la vieille culture des bardes. La langue galloise, la poésie, la harpe et la prophétie de Merlin — le retour d'un prince gallois sur le trône de Bretagne — y demeurent au cœur de l'âme d'un peuple.
Et cette prophétie, en 1485, semble s'accomplir. Henri Tudor, né au château de Pembroke, descendant d'une lignée galloise, débarque à Milford Haven, marche à travers le Pays de Galles en ralliant les siens, et vainc Richard III à Bosworth sous la bannière du dragon rouge de Cadwaladr. Un Gallois devient roi d'Angleterre : le dragon rouge entre dans les armes royales. Les Tudors intègrent alors le pays au royaume par les Actes d'Union (1536-1543), qui font des Gallois des sujets anglais à part entière — au prix, peu à peu, de leur langue dans l'administration. La Renaissance galloise se joue ainsi entre fierté dynastique et assimilation.
Mais l'esprit du pays trouve d'autres voies. À Conwy s'élève Plas Mawr, la plus belle maison de ville élisabéthaine de Grande-Bretagne ; à Raglan, les Somerset transforment un château en palais fastueux. Et surtout, en 1588, l'évêque William Morgan traduit toute la Bible en gallois : ce livre, lu dans chaque église, sauvera la langue galloise là où la politique l'affaiblissait. Le Pays de Galles de la Renaissance donna une dynastie à l'Angleterre — et sauva, par un livre, son âme.
Pouvoirs et conflits
Le Pays de Galles est le berceau des Tudors : Henri VII y naquit et y débarqua en 1485 avant Bosworth. Les Actes d'Union (1536-1543) intègrent le pays au royaume d'Angleterre, unifiant le droit et l'administration au prix du recul du gallois dans les affaires publiques.
Arts, architecture et savoirs
Plas Mawr à Conwy incarne la maison de ville Renaissance ; le château de Raglan devient un palais d'apparat. Surtout, la Bible galloise de William Morgan (1588) fixe une langue littéraire et sauve le gallois, tandis que la tradition bardique se perpétue.
Vivre à la Renaissance
Entre les montagnes, les châteaux d'Édouard Ier et les ports de la côte, les Gallois vivent de l'élevage, du bétail conduit vers l'Angleterre et de la mer. La harpe, la poésie et la langue galloise restent le cœur battant d'une culture tenace.
Figures
- Henri VII
- William Morgan (Bible galloise)
- Robert Wynn (Plas Mawr)
- William Herbert, comte de Pembroke
- William Salesbury
Repères
- 1485 — Henri Tudor débarque à Milford Haven
- 1536-1543 — Actes d'Union entre le Pays de Galles et l'Angleterre
- 1576-1585 — construction de Plas Mawr à Conwy
- 1588 — Bible galloise de William Morgan
À voir
- Château de Pembroke
- Plas Mawr, Conwy
- Château de Raglan (Monmouthshire)
- Milford Haven (Pembrokeshire)
- Château de Carew (Pembrokeshire)
- Cathédrale de St Davids
- St Fagans (près de Cardiff)
- Tretower Court (Powys)
Berceau d'une dynastie et sauvé par un livre, le Pays de Galles de la Renaissance donna à l'Angleterre ses rois — et garda, dans sa Bible galloise, son âme et sa langue.


