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Portrait de Léonard de Vinci

Illustre

Léonard de Vinci

Génie universel — vit ses dernières années en France à Amboise

France : 1516 – 1519 (Amboise)·Artiste / Savant / Ingénieur·Peinture · Sciences

Contributions & œuvres

À l'automne 1516, âgé de soixante-quatre ans, Léonard franchit les Alpes à dos de mulet avec son disciple Francesco Melzi et son serviteur milanais Battista de Villanis. François Iᵉʳ, qui l'a rencontré près de Bologne et que fascine le vieux maître, l'installe au manoir du Cloux, aujourd'hui le Clos Lucé, à un jet de pierre du château royal d'Amboise. Il lui accorde un titre inédit, « premier peintre, ingénieur et architecte du roi », et une rente que les écrits situent autour de sept cents écus d'or par an : une fortune, pour une charge qui n'exige presque rien sinon la présence et la conversation. Car le roi ne veut pas des tableaux de Léonard, il veut Léonard. L'Italien apporte dans ses coffres trois panneaux qu'il ne cédera jamais et qui, par lui, deviennent français : une Joconde, une sainte Anne, un saint Jean-Baptiste, socle lointain des collections du Louvre. À Amboise, sa main droite se paralyse peu à peu ; il peint peu, mais il pense sans relâche. Il remplit ses carnets de projets pour le roi : l'assèchement de la Sologne et un vaste canal reliant la Loire à la Saône, un palais neuf et une ville idéale à Romorantin, jamais bâtis mais rêvés jusqu'au moindre escalier. Il règle les fêtes de cour, met en scène le lion mécanique qui s'ouvre sur un parterre de lys, dessine des décors et des machines de spectacle. Son ombre plane aussi sur le grand chantier ouvert non loin : l'escalier à double révolution de Chambord, ces deux vis qui montent sans se croiser, porte une signature toute léonardesque, mais aucun document ne prouve sa participation et l'attribution reste débattue @@AVERIFIER. La nuance est là, dans cette dernière saison : la France ne reçut pas le peintre à son apogée mais un vieil homme diminué, plus précieux comme oracle que comme exécutant, dont l'héritage tient moins à une œuvre nouvelle qu'à trois tableaux emportés et à une aura offerte à un royaume.

Anecdote mémorable

Le 2 mai 1519, Léonard s'éteint dans sa chambre du Clos Lucé. La tradition, fixée par Vasari puis immortalisée par le pinceau d'Ingres au XIXᵉ siècle, veut qu'il ait rendu l'âme dans les bras mêmes de François Iᵉʳ, accouru à son chevet. La scène est belle, elle est douteuse : ce jour-là, la cour se trouvait sans doute à Saint-Germain-en-Laye pour un acte royal, et le roi ne pouvait être au chevet du maître @@AVERIFIER. Reste que Léonard légua tous ses carnets, dessins et instruments à son fidèle Melzi, qui les rapporta en Italie et sauva de l'oubli la pensée d'un homme que la France avait choisi d'aimer sur ses vieux jours.

Influences reçues

François Iᵉʳ ; humanisme florentin ; commande de cour

Influences exercées

Francesco Melzi ; mythe royal du mécénat des arts ; escalier de Chambord (attribution débattue) ; imaginaire de la Renaissance française

Importance historique

Trois années à peine, et pourtant elles fondent un mythe durable : celui du roi de France protecteur des génies d'Italie, et de la Renaissance française adoubée par le plus illustre des Florentins. En attirant Léonard, François Iᵉʳ ne s'offre pas un artisan de plus mais une caution : la preuve que sa cour peut rivaliser avec celles de la péninsule. Les trois panneaux restés au royaume ancrent au cœur du futur Louvre des chefs-d'œuvre qui n'auraient jamais dû en être. Amboise devient ainsi le point de bascule où la Renaissance cesse d'être une importation pour commencer à s'enraciner, ouvrant la voie aux Italiens de Fontainebleau qui, une décennie plus tard, feront école.

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