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Portrait de Benvenuto Cellini

Illustre

Benvenuto Cellini

Orfèvre et sculpteur à la cour de François Iᵉʳ — auteur de la Salière

France : 1540 – 1545·Orfèvre / Sculpteur·Arts · Peinture

Contributions & œuvres

Orfèvre et sculpteur florentin au tempérament de feu, Benvenuto Cellini gagne la France en 1540 et entre au service de François Iᵉʳ, amateur passionné d'art italien. Le roi lui accorde la jouissance d'un atelier à Paris, l'hôtel du Petit-Nesle, en face du Louvre de l'autre côté de la Seine, et lui commande d'abord une série de statues d'argent, des dieux destinés à porter les torches de la table royale, dont seul un Jupiter sera achevé. C'est en France, dans cet atelier parisien, que Cellini réalise son chef-d'œuvre d'orfèvre : la Saliera, salière d'or émaillé où Neptune et une allégorie de la Terre se font face au-dessus d'un peuple de créatures marines et terrestres. Objet de table devenu sculpture miniature, elle est aujourd'hui l'un des plus précieux témoins de la Renaissance, mais elle ne resta pas en France : offerte plus tard par Charles IX à un archiduc d'Autriche, elle échoua à Vienne, où elle demeure, preuve éclatante de la circulation des chefs-d'œuvre à travers l'Europe. Pour la « Porte Dorée » de Fontainebleau, Cellini fond en 1542-1543 la Nymphe de Fontainebleau, grand relief de bronze où une déesse alanguie s'entoure d'animaux ; laissée inachevée à son départ, elle rejoindra bien plus tard les collections du Louvre, où elle est conservée. Ces années françaises sont aussi celles des conflits : Cellini se heurte violemment à la duchesse d'Étampes, favorite du roi, qu'il juge liguée contre lui et qu'il refuse de flatter, multipliant les affronts et les procès. Orgueilleux, querelleur, persuadé d'être le plus grand, il finit par lasser la cour et repart pour Florence en 1545. La nuance est là, tout entière dans le caractère : un génie que son arrogance rendit aussi encombrant qu'admirable.

Anecdote mémorable

Cellini a raconté lui-même ses années françaises dans sa Vita, et l'on y voit un homme incapable de plier. Sommé un jour de céder son atelier du Petit-Nesle, il en aurait chassé les occupants et défendu les lieux les armes à la main, avec la même fougue qu'il mettait à ciseler l'or. Face à la duchesse d'Étampes, qui gouvernait les faveurs du roi, il refusa obstinément la flatterie qui lui eût assuré la paix. Ces récits, écrits pour sa propre gloire, sont sujets à caution et probablement embellis @@AVERIFIER, mais ils disent une vérité : Cellini préféra toujours son orgueil à sa fortune, et quitta la France en artiste invaincu plutôt qu'en courtisan comblé.

Influences reçues

Orfèvrerie florentine ; Michel-Ange ; antiques romains ; commande royale de François Iᵉʳ

Influences exercées

Maniérisme dans les arts précieux français ; sculpture de Fontainebleau ; le récit de la Vita comme source de cour

Importance historique

Le passage de Cellini couronne l'entreprise de François Iᵉʳ : après les peintres de Fontainebleau, c'est l'orfèvrerie et la sculpture italiennes à leur sommet qui viennent servir la cour de France. La Saliera et la Nymphe portent à Paris un raffinement technique inégalé et diffusent le goût du maniérisme dans les arts précieux français. Mais son importance déborde l'atelier : par sa Vita, autobiographie flamboyante rédigée plus tard, Cellini a laissé le récit le plus vivant que l'on possède de la cour de François Iᵉʳ vue de l'intérieur, mêlant chefs-d'œuvre, rivalités et coups d'éclat, faisant de ces cinq années françaises l'une des pages les plus lues de la Renaissance.

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