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Cathédrale Saint-Jean de Besançon — édifice religieux à Besançon (Doubs (25)) (25), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Saint-Jean de Besançon

XIe-XVIIe siècle (campagne Renaissance des chapelles 1490-1560)·Religieux·Besançon (Doubs (25)) (25)·Classé MH

À voir

Histoire

La cathédrale Saint-Jean de Besançon est l'ancienne cathédrale primatiale de la Franche-Comté (titre canonique attribué en 1571 par le pape Pie V), située dans la boucle du Doubs au cœur de la vieille ville bisontine. Construite et remaniée du XIe au XVIIe siècle, elle présente une particularité architecturale unique en France : deux absides opposées (chœur à chaque extrémité de l'édifice).

L'édifice fut fondé au VIe siècle (saint Jean l'Évangéliste), reconstruit aux XIe-XIIe siècles dans un style roman bourguignon, puis remanié aux XIIIe-XVe siècles dans un style gothique méridional (le chœur Saint-Jean à l'est, le chœur Saint-Étienne à l'ouest). L'effondrement de la tour-clocher en 1729 entraîna des reconstructions classiques au XVIIIe siècle.

L'élément Renaissance majeur se concentre dans la « Rose de Saint Jean » (XIe siècle, restaurée XVIe) — pièce centrale d'autel en marbre blanc circulaire, unique en France, qui aurait été apportée à Besançon depuis Rome au VIIIe siècle —, et dans les chapelles latérales ajoutées entre 1490 et 1560 sous Charles VIII, Louis XII et François Ier : chapelles ornées de retables Renaissance, statues XVIe siècle, vitraux.

L'édifice abrite également la célèbre « Vierge aux Saints » de Fra Bartolomeo (1472-1517), peinture Renaissance italienne de 1512 — l'une des très rares œuvres du maître florentin subsistant en France.

Besançon fut « ville libre impériale » du Saint-Empire de 1290 à 1648, avant son rattachement à la France par Louis XIV (traités de Westphalie 1648, puis conquête de 1674).

À voir absolument

  • La « Rose de Saint Jean » (XIe siècle, restaurée XVIe), pièce d'autel circulaire unique en France
  • La « Vierge aux Saints » de Fra Bartolomeo (1512), peinture Renaissance italienne, chef-d'œuvre absolu
  • Les deux absides opposées (chœurs Saint-Jean et Saint-Étienne), unique en France
  • L'élévation gothique de la nef (XIIIe-XVe siècles)
  • Les chapelles latérales Renaissance (1490-1560), ornées de retables XVIe
  • L'horloge astronomique de Besançon (XIXe siècle, 30 000 pièces mécaniques) dans la tour-clocher
  • Les stalles sculptées (XVIe siècle)
  • Les vitraux des XVIe-XIXe siècles
  • Le buffet d'orgue classique (XVIIe siècle), classé MH
  • Le trésor de la cathédrale (visite payante)
  • L'emplacement urbain : à 5 min à pied du palais Granvelle Renaissance (XVIe siècle, musée gratuit du Temps)

Anecdotes & secrets

La « Vierge aux Saints » de Fra Bartolomeo (1512) est l'une des très rares œuvres du Maître florentin subsistant en France. Fra Bartolomeo della Porta (1472-1517), dominicain peintre florentin, collaborateur de Léonard de Vinci (1503-1505) et disciple de Savonarole, est l'un des plus grands peintres de la Haute Renaissance italienne. Son œuvre, profondément religieuse (refusant les « vanités » profanes), est rare hors d'Italie. La « Vierge aux Saints » fut commandée par le cardinal Ferry Carondelet (1473-1528), archevêque de Besançon, lors de son séjour à Rome comme ambassadeur de Charles Quint. Carondelet ramena le tableau à Besançon en 1518 où il reste depuis 500 ans — fait stupéfiant pour une œuvre italienne de cette importance.

L'« horloge astronomique » de Besançon (1857-1860) est l'une des plus complexes horloges astronomiques de France. Construite par Auguste-Lucien Vérité (1806-1887), elle compte 30 000 pièces mécaniques et 70 cadrans — affichant l'heure dans 17 villes du monde, les phases de la lune, les éclipses solaires, les marées des grands ports, les dates du calendrier ecclésiastique. Elle joue un carillon automatique plusieurs fois par jour avec automates religieux. Bien que XIXe siècle, elle s'inscrit dans la tradition des horloges astronomiques médiévales-Renaissance (comme celle de Lyon, voir fiche #94) et représente l'apogée de cette tradition.

Besançon, « ville libre impériale » du Saint-Empire de 1290 à 1648, fut l'une des seules villes françaises à avoir conservé son indépendance politique pendant 350 ans — entre France (à l'ouest) et Habsbourg d'Espagne (à l'est, qui contrôlaient les Pays-Bas espagnols et la Franche-Comté espagnole). Cette indépendance explique la richesse architecturale de la cité au XVIe-XVIIe siècles (palais Granvelle, hôtels particuliers Renaissance). Le rattachement à la France sous Louis XIV (1674) fut brutal : siège de la ville, déportations, intégration administrative forcée.

Conseils de visite

Cathédrale ouverte tous les jours de 9h à 18h, entrée libre. Trésor + horloge astronomique : visite payante (6€). Combiner avec la visite du palais Granvelle Renaissance (gratuit, musée du Temps), de la citadelle Vauban (UNESCO, payant), et de la vieille ville bisontine (boucle du Doubs). Besançon accessible depuis Paris-Gare-de-Lyon en TGV (2h15).

Pour aller plus loin