À voir
Au cœur de Londres, face au Parlement, l'abbaye de Westminster est depuis près de mille ans l'église des rois d'Angleterre : celle où ils sont couronnés, mariés et enterrés. À la Renaissance, elle reçoit son joyau ultime, la Chapelle Henri VII — dernier grand chef-d'œuvre du gothique anglais, et pourtant lieu de naissance de la sculpture Renaissance dans l'île.
L'église des rois
Fondée par les moines bénédictins et rebâtie au XIIIᵉ siècle dans le style gothique par Henri III, Westminster est, dès le Moyen Âge, le sanctuaire de la monarchie anglaise. Tous les souverains y sont couronnés depuis 1066, assis sur l'antique King Edward's Chair. Autour du chœur s'accumulent les tombeaux des rois et des reines, faisant de l'abbaye la grande nécropole de la nation. Quand s'ouvre l'ère des Tudors, Westminster est déjà chargée de ce prestige sacré : y bâtir, c'est inscrire son nom dans la pierre même du royaume.
C'est ce que fait Henri VII, premier roi Tudor. Pour abriter son tombeau et affirmer la légitimité de sa dynastie nouvelle, il fait élever, à partir de 1503, une chapelle prodigieuse à l'extrémité orientale de l'abbaye. La Chapelle Henri VII — que l'on appelle aussi la Lady Chapel — déploie une voûte en éventail à pendentifs d'une virtuosité inouïe, une dentelle de pierre suspendue dans les airs, entourée de statues de saints et de bannières de chevalerie. C'est l'ultime éblouissement du gothique perpendiculaire, à la veille de la Renaissance.
Torrigiano et la Renaissance qui entre par un tombeau
Le paradoxe de Westminster, c'est que la Renaissance y pénètre non par l'architecture, restée gothique, mais par la sculpture. Pour le tombeau d'Henri VII et de son épouse Élisabeth d'York, on fit venir un artiste florentin, Pietro Torrigiano — le même qui, jeune, avait, dit-on, brisé le nez de Michel-Ange d'un coup de poing. Torrigiano sculpta vers 1512-1518 les gisants de bronze doré du roi et de la reine, ainsi que le tombeau de Lady Margaret Beaufort, mère du roi : ce sont les premières œuvres pleinement Renaissance jamais réalisées en Angleterre, d'un naturalisme et d'une grâce tout italiens, enchâssées au cœur d'une chapelle gothique. Plus tard, Élisabeth Iʳᵉ et sa rivale Marie Stuart reposeront elles aussi dans la chapelle, réconciliées dans la mort par la volonté de Jacques Iᵉʳ.
Ce qu'il faut voir
- La voûte en éventail de la Chapelle Henri VII, sommet du gothique perpendiculaire.
- Les gisants de bronze doré d'Henri VII et d'Élisabeth d'York, par Torrigiano.
- Le tombeau de Lady Margaret Beaufort, également par Torrigiano.
- Les tombeaux d'Élisabeth Iʳᵉ et de Marie Stuart, reines rivales réunies.
- Le Coin des poètes (Poets' Corner) et la King Edward's Chair du couronnement.
Le saviez-vous ?
Le sculpteur du tombeau royal, Pietro Torrigiano, avait une réputation de fer : dans sa jeunesse florentine, jaloux du talent de son condisciple, il aurait frappé Michel-Ange au visage et lui aurait brisé le nez — difformité que le grand maître garda toute sa vie. C'est donc l'homme qui avait défiguré Michel-Ange qui introduisit, à Westminster, la sculpture Renaissance en Angleterre.
Infos pratiques
L'abbaye de Westminster se dresse au cœur de Londres, face au palais de Westminster (le Parlement), dans la Cité de Westminster. C'est une église (Royal Peculiar) toujours en activité, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, ouverte à la visite en dehors des offices. Les horaires, tarifs et accès à certaines chapelles sont susceptibles de varier, notamment lors des cérémonies royales ; il convient de les vérifier auprès des sources officielles avant toute visite.
Quiz
- Quel artiste florentin sculpta les tombeaux royaux de la Chapelle Henri VII ?
- Pietro Torrigiano
- Benvenuto Cellini
- Donatello
- Quel type de voûte couvre la Chapelle Henri VII ?
- Une voûte en éventail
- Une coupole
- Une voûte en berceau
- Que se passe-t-il traditionnellement à l'abbaye de Westminster depuis 1066 ?
- Le couronnement des souverains
- La réunion du Parlement
- La frappe de la monnaie
Histoire
Au cœur de Londres, face au Parlement, l'abbaye de Westminster est depuis près de mille ans l'église des rois d'Angleterre : celle où ils sont couronnés, mariés et enterrés. À la Renaissance, elle reçoit son joyau ultime, la Chapelle Henri VII — dernier grand chef-d'œuvre du gothique anglais, et pourtant lieu de naissance de la sculpture Renaissance dans l'île.
L'église des rois
Fondée par les moines bénédictins et rebâtie au XIIIᵉ siècle dans le style gothique par Henri III, Westminster est, dès le Moyen Âge, le sanctuaire de la monarchie anglaise. Tous les souverains y sont couronnés depuis 1066, assis sur l'antique King Edward's Chair. Autour du chœur s'accumulent les tombeaux des rois et des reines, faisant de l'abbaye la grande nécropole de la nation. Quand s'ouvre l'ère des Tudors, Westminster est déjà chargée de ce prestige sacré : y bâtir, c'est inscrire son nom dans la pierre même du royaume.
C'est ce que fait Henri VII, premier roi Tudor. Pour abriter son tombeau et affirmer la légitimité de sa dynastie nouvelle, il fait élever, à partir de 1503, une chapelle prodigieuse à l'extrémité orientale de l'abbaye. La Chapelle Henri VII — que l'on appelle aussi la Lady Chapel — déploie une voûte en éventail à pendentifs d'une virtuosité inouïe, une dentelle de pierre suspendue dans les airs, entourée de statues de saints et de bannières de chevalerie. C'est l'ultime éblouissement du gothique perpendiculaire, à la veille de la Renaissance.
Torrigiano et la Renaissance qui entre par un tombeau
Le paradoxe de Westminster, c'est que la Renaissance y pénètre non par l'architecture, restée gothique, mais par la sculpture. Pour le tombeau d'Henri VII et de son épouse Élisabeth d'York, on fit venir un artiste florentin, Pietro Torrigiano — le même qui, jeune, avait, dit-on, brisé le nez de Michel-Ange d'un coup de poing. Torrigiano sculpta vers 1512-1518 les gisants de bronze doré du roi et de la reine, ainsi que le tombeau de Lady Margaret Beaufort, mère du roi : ce sont les premières œuvres pleinement Renaissance jamais réalisées en Angleterre, d'un naturalisme et d'une grâce tout italiens, enchâssées au cœur d'une chapelle gothique. Plus tard, Élisabeth Iʳᵉ et sa rivale Marie Stuart reposeront elles aussi dans la chapelle, réconciliées dans la mort par la volonté de Jacques Iᵉʳ.
Ce qu'il faut voir
- La voûte en éventail de la Chapelle Henri VII, sommet du gothique perpendiculaire.
- Les gisants de bronze doré d'Henri VII et d'Élisabeth d'York, par Torrigiano.
- Le tombeau de Lady Margaret Beaufort, également par Torrigiano.
- Les tombeaux d'Élisabeth Iʳᵉ et de Marie Stuart, reines rivales réunies.
- Le Coin des poètes (Poets' Corner) et la King Edward's Chair du couronnement.
Contes, légendes & anecdotes
Le sculpteur du tombeau royal, Pietro Torrigiano, avait une réputation de fer : dans sa jeunesse florentine, jaloux du talent de son condisciple, il aurait frappé Michel-Ange au visage et lui aurait brisé le nez — difformité que le grand maître garda toute sa vie. C'est donc l'homme qui avait défiguré Michel-Ange qui introduisit, à Westminster, la sculpture Renaissance en Angleterre.
Sources
- 1.Wikipédia (en) — Westminster Abbey
- 2.Historic England 1291494
- 3.Wikidata Q5933
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Fiche mise à jour le 25 septembre 2026




