HitsMap

Aucune représentation visuelle connue de l'illustre.

✦ Illustre ✦

Orlando Gibbons

1583-1625·compositeur, organiste et virginaliste

Sur les pas de Orlando Gibbons — ses œuvres & ses lieux sur la carte →

Contributions & œuvres

Baptisé à Oxford fin 1583, choriste puis étudiant au King's College de Cambridge, Gibbons entre vers 1605 à la Chapel Royal comme gentleman et organiste, et devient en 1623 organiste de l'abbaye de Westminster — la charge la plus prestigieuse du royaume. Il est l'un des sommets de deux genres. Au clavier, virtuose salué de son temps, il donne six pièces au recueil Parthenia (1612-1613), première musique de clavier anglaise imprimée, et laisse une quarantaine de pages pour virginal d'une science consommée. À l'église, il porte à sa perfection le verse anthem, dialogue de solistes, de chœur et d'orgue : « This is the record of John », « O clap your hands » (son exercice de doctorat à Oxford, 1622) comptent parmi les chefs-d'œuvre absolus du répertoire anglican. Son unique recueil profane, First Set of Madrigals and Motets (1612), contient « The Silver Swan », madrigal d'une pureté restée légendaire. S'y ajoutent de nombreuses fantaisies pour violes, qui enrichissent le consort anglais.

Anecdote mémorable

En juin 1625, Gibbons accompagne la Chapel Royal à Cantorbéry pour y attendre l'arrivée de Henriette-Marie de France, la nouvelle reine de Charles Iᵉʳ. Frappé d'apoplexie, il s'effondre et meurt en moins d'un jour ; dans le climat de peur de la peste, on pratique une autopsie avant de l'inhumer dans la cathédrale de Cantorbéry. Un monument surmonté de son buste, œuvre du sculpteur Nicholas Stone, y perpétue le souvenir du plus brillant organiste de sa génération, foudroyé à quarante et un ans.

Influences reçues

Gibbons s'inscrit dans l'héritage de William Byrd et de l'école anglaise du virginal, dont il prolonge l'art du clavier. La tradition de la Chapel Royal et du grand répertoire polyphonique Tudor forme le socle de son écriture sacrée.

Influences exercées

Ses verse anthems fixent le modèle de la musique d'église anglicane que prolongera toute l'époque de la Restauration ; son écriture pour clavier et pour violes nourrit la génération suivante, à commencer par son propre fils Christopher Gibbons, lui aussi organiste et compositeur de renom.

Importance historique

Gibbons est le dernier grand représentant de l'âge d'or de la polyphonie anglaise, celui qui clôt en pleine lumière la lignée ouverte par Taverner et portée par Byrd. Sa place est double et insigne. Il est, avec Byrd et Bull, l'un des maîtres de l'école anglaise du virginal, cette musique de clavier savante et inventive qui est l'un des grands apports de l'Angleterre à l'Europe musicale. Et il est le maître incontesté du verse anthem, forme typiquement anglaise où l'orgue et les solistes répondent au chœur, qui deviendra le cœur de la musique d'église anglicane : ses anthems fixent un modèle que toute la Restauration prolongera. Sa musique unit une rigueur contrapuntique sans faille à une gravité intérieure et à une clarté de lignes tout anglaises ; « The Silver Swan » dit en quelques mesures cet art de la concision expressive. Mort à quarante et un ans, au faîte de sa carrière et de son talent, Gibbons laisse une œuvre qui, sans la brutalité de sa disparition, aurait sans doute marqué plus encore le siècle. Il demeure l'un des très grands noms de la musique anglaise.

Monuments associés (2)