HitsMap
Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg — édifice religieux à Strasbourg (Bas-Rhin (67)) (67), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg

1015-1439 (édifice) ; horloge astronomique Renaissance 1547·Religieux·Strasbourg (Bas-Rhin (67)) (67)·Classé MH
Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg — édifice religieux à Strasbourg (Bas-Rhin (67)) (67), monument historique (Classé MH) — vue 2
Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg — édifice religieux à Strasbourg (Bas-Rhin (67)) (67), monument historique (Classé MH) — vue 3
Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg — édifice religieux à Strasbourg (Bas-Rhin (67)) (67), monument historique (Classé MH) — vue 4

À voir

Histoire

La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg est l'un des plus prestigieux monuments gothiques d'Europe, mais elle abrite également l'un des chefs-d'œuvre absolus de la Renaissance scientifique : la deuxième horloge astronomique (1547), construite par Conrad Dasypodius et l'horloger suisse Isaac Habrecht. Cette horloge, complétée par celle reconstruite en 1842, fait dialoguer la cathédrale médiévale avec la révolution intellectuelle Renaissance.

L'édifice principal, achevé en 1439 avec la flèche d'Ulrich d'Ensingen culminant à 142 mètres (la plus haute flèche du monde de 1647 à 1874), est pleinement gothique — flamboyant pour la façade d'Erwin de Steinbach, rayonnant pour la nef. Mais le XVIe siècle a enrichi l'intérieur d'éléments Renaissance majeurs :

  • l'horloge astronomique Renaissance de 1547 (la deuxième, démontée en 1788, reconstruite en 1838-1842 par Schwilgué)
  • la chaire à prêcher sculptée de Hans Hammer (1485, transition flamboyant-Renaissance) à la iconographie humaniste
  • les fonts baptismaux Renaissance (1453, Jodoco Dotzinger, transition)
  • les stalles Renaissance du chœur (vers 1547)
  • plusieurs chapelles latérales ornées de retables Renaissance (chapelle Saint-Laurent, chapelle Sainte-Catherine)

Strasbourg fut au XVIe siècle un foyer intellectuel européen : Jean Sturm y fonda en 1538 la Gymnase Jean-Sturm, première école humaniste protestante d'Allemagne ; Jean Calvin y séjourna en 1538-1541 ; Martin Bucer y prêcha la Réforme. La cathédrale fut luthérienne de 1524 à 1681 (réunion à la France par Louis XIV), avant de redevenir catholique — épisode unique dans l'histoire des cathédrales françaises.

À voir absolument

  • L'horloge astronomique Renaissance (1547, reconstruite 1838-1842) — défilé des apôtres tous les jours à 12h30
  • La façade occidentale gothique d'Erwin de Steinbach (1277-1318), portail sculpté monumental
  • La flèche de 142 mètres (Ulrich d'Ensingen, 1439), ascension possible (332 marches, payante 8€)
  • Le pilier des Anges (XIIIe siècle), chef-d'œuvre du gothique rhénan, à voir absolument
  • La chaire de Hans Hammer (1485), sculpture transition flamboyant-Renaissance
  • Les fonts baptismaux de Jodoco Dotzinger (1453), Renaissance précoce
  • Les vitraux des XIIe-XVIe siècles, parmi les plus complets d'Europe (4 600 m² de verre peint)
  • La statue colonne de l'Église et la Synagogue (XIIIe siècle, gothique rhénan)
  • L'ange souriant du transept sud, dit « Ange Marie », souriant avec malice
  • La chapelle Sainte-Catherine Renaissance

Anecdotes & secrets

L'horloge astronomique de 1547 fut conçue par Conrad Dasypodius (mathématicien et astronome strasbourgeois) selon les principes coperniciens — alors révolutionnaires : elle montre le système solaire héliocentrique (le Soleil au centre, les planètes en orbite), seulement quatre ans après la publication du De revolutionibus orbium coelestium de Copernic (1543). C'est l'un des premiers monuments publics au monde à représenter la révolution scientifique copernicienne. Galilée lui-même n'écrivit qu'en 1610 son Sidereus Nuncius défendant le système héliocentrique. L'horloge précédente (de 1354, démontée en 1788) n'avait pas cette modernité — elle suivait encore Ptolémée.

La cathédrale fut luthérienne pendant 157 ans (1524-1681) — fait unique en France. Martin Bucer, l'un des principaux réformateurs allemands, y prêcha jusqu'en 1549 (date où il s'enfuit en Angleterre face à l'Intérim d'Augsbourg). Wolfgang Capiton, Matthieu Zell, Caspar Hedio lui succédèrent. Pendant cette période, les chapelles catholiques furent fermées, les statues voilées ou détruites, les vitraux figuratifs brisés. Mais l'essentiel du décor médiéval fut miraculeusement préservé — Strasbourg fut moins iconoclaste que d'autres villes protestantes (Genève, Zurich, Bâle).

L'ange souriant du transept sud (XIIIe siècle) est l'une des plus émouvantes sculptures gothiques rhénanes. Son sourire malicieux, étrangement Renaissance pour une œuvre du Moyen Âge classique, anticipe de trois siècles l'humanisme Renaissance et le sourire de la Vierge à l'Enfant des sculpteurs italiens du Quattrocento. Le sculpteur, anonyme, est qualifié par les historiens d'art de « Maître des Anges souriants ».

Conseils de visite

Cathédrale ouverte tous les jours de 8h30 à 11h15 et 12h45 à 17h45, entrée libre. Horloge astronomique : défilé à 12h30 précises, billet payant (3€), réservation recommandée en saison. Ascension de la flèche payante (8€), ouverte avril-octobre, vue à 360° sur Strasbourg et la plaine du Rhin. Combiner avec la visite du musée de l'Œuvre Notre-Dame (sculptures et vitraux d'origine, payant), du palais Rohan (musées, payant), et de la vieille ville classée UNESCO. Strasbourg accessible depuis Paris-Est en TGV (1h45).

Pour aller plus loin