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Sur les pas de Cornelius Cure — ses œuvres & ses lieux sur la carte →
Contributions & œuvres
Héritier d'une dynastie de sculpteurs d'origine néerlandaise, Cornelius Cure dirigea le plus prestigieux atelier de tombeaux de l'Angleterre élisabéthaine, installé à Southwark, sur la rive sud de la Tamise. Son père, William Cure l'Ancien, venu des Pays-Bas, avait déjà travaillé pour la Couronne ; Cornelius lui succède et obtient le 28 juin 1596 la charge de maître maçon de la Tour de Londres et des résidences royales, recommandé par Lord Burghley qui vantait son « savoir-faire, son honnêteté et sa connaissance des ouvrages d'outre-mer ». Il développe un style classique élégant pour les monuments funéraires et les cheminées, et signe des tombeaux pour la haute noblesse — les Hoby à Bisham, Sir William Cordell à Long Melford. Son chef-d'œuvre, commandé en 1606, est le grand monument de Marie Stuart à Westminster, que Jacques Iᵉʳ voulut pour sa mère. Il fournit la pierre de touche et l'albâtre, mais mourut avant l'achèvement : son fils William termina l'ouvrage, sous lequel la reine fut inhumée en septembre 1612.
Anecdote mémorable
Le destin a voulu que Cornelius Cure mît en marbre le tombeau de Marie Stuart tandis que Maximilian Colt sculptait celui d'Élisabeth, à quelques mètres de distance dans la même chapelle. Les deux reines qui s'étaient affrontées jusqu'à l'échafaud se trouvent ainsi veillées pour l'éternité par deux maîtres rivaux du même quartier d'immigrés flamands et néerlandais de Southwark — et c'est le fils de l'une, Jacques Iᵉʳ, devenu roi des deux royaumes, qui paya les deux tombeaux. Cure mourut avant d'avoir vu le sien achevé, laissant à son fils le soin de poser la dernière pierre sur la reine décapitée.
Influences reçues
Fils de William Cure l'Ancien, immigré des Pays-Bas, il hérite directement de la tradition sculpturale néerlandaise, maniériste et savante, que sa famille avait implantée à Southwark et que Lord Burghley jugeait nourrie d'une « connaissance des ouvrages d'outre-mer ».
Influences exercées
Il transmet l'atelier de Southwark et la charge de maître maçon à son fils William Cure le Jeune, qui achève le tombeau de Marie Stuart et sert la Couronne jusqu'en 1632. Son style classique de monuments et de cheminées marque la génération des tombeaux élisabéthains tardifs.
Importance historique
Les Cure forment, avec Maximilian Colt, le maillon flamand qui domine la sculpture funéraire anglaise autour de 1600, entre l'italianisme fondateur de Torrigiano et le classicisme de Nicholas Stone. Comme maître maçon de la Couronne, Cornelius tient un poste officiel majeur sous deux règnes. Son tombeau de Marie Stuart répond, de l'autre côté de la chapelle d'Henri VII, à celui d'Élisabeth sculpté par Colt : les deux reines ennemies, la catholique décapitée et la protestante qui l'avait fait exécuter, reposent face à face, réunies par la volonté politique de Jacques Iᵉʳ, fils de l'une et héritier de l'autre. Cure donna à ce geste de réconciliation dynastique sa forme de marbre, l'un des ensembles les plus chargés de sens de toute l'abbaye. Son œuvre reste pourtant mal cernée : la part respective du père et du fils dans plusieurs monuments demeure discutée, et peu de pièces portent une attribution certaine, rançon ordinaire d'un métier d'atelier où le nom du maître s'effaçait derrière la commande.

