
Sur les pas de Sebastiano Serlio — ses œuvres & ses lieux sur la carte →
Contributions & œuvres
Sebastiano Serlio n'était pas un bâtisseur de génie ; il était mieux, à sa manière : le passeur qui apprit à toute l'Europe la grammaire des Anciens. Appelé par François Iᵉʳ vers 1541 et installé à Fontainebleau avec le titre de peintre et architecte du roi, ce Bolonais vieillissant apporte dans ses bagages ce que la France n'avait pas encore : une doctrine claire des ordres classiques, dessinée, mesurée, imprimable. Son grand chantier français est le château d'Ancy-le-Franc, en Bourgogne, élevé pour Antoine de Clermont : un bloc régulier, ordonné autour d'une cour à pilastres, où l'Italie parle un français neuf. C'est l'un des premiers édifices du royaume à appliquer avec rigueur le vocabulaire de la Renaissance savante. Mais l'essentiel de son audace française tient dans le papier. C'est en France que Serlio publie plusieurs livres de son grand traité d'architecture, dont le fameux Livre extraordinaire, paru à Lyon en 1551, recueil de portes et de fantaisies qui fera le tour du continent. Ses planches, claires et reproductibles, diffusent les cinq ordres, les proportions, les modèles de demeures du prince au paysan. Un maçon de province pouvait désormais tenir entre ses mains ce qu'il fallait jadis aller voir à Rome. Serlio invente presque le livre d'architecture moderne : non plus le manuscrit d'humaniste, mais l'outil pratique, illustré, transmissible. L'Europe du Nord bâtira longtemps avec Serlio ouvert sur l'établi. La nuance est amère. Théoricien admiré, il fut mal payé, supplanté à Fontainebleau par des rivaux, et finit ses jours dans la gêne, retiré à Lyon puis mort vers 1554 dans une relative pauvreté. L'homme qui enrichit l'architecture de tout un continent mourut sans fortune.
Anecdote mémorable
Le Livre extraordinaire, publié à Lyon en 1551, est un objet étrange : Serlio y aligne une cinquantaine de portes, des plus sobres aux plus délirantes, comme s'il libérait enfin sa fantaisie après des années de règles. Il y confesse presque son plaisir de la licence, lui le champion de l'ordre. Ce petit livre de portes voyagea partout : on en retrouve l'écho sur des façades de Flandre, d'Angleterre, d'Allemagne. Un architecte pauvre, à Lyon, dessinait des seuils que des princes lointains feraient tailler dans la pierre.
Influences reçues
Baldassare Peruzzi ; Bramante ; Vitruve ; l'antique romain
Influences exercées
Philibert de l'Orme ; Jacques Androuet du Cerceau ; l'architecture française de la Renaissance ; l'architecture de l'Europe du Nord
Importance historique
La période française de Serlio est décisive parce que c'est là, et non en Italie, que son traité devient un livre imprimé et diffusé. Le royaume lui offre l'atelier, la commande et surtout la presse. Par Ancy-le-Franc, il donne un modèle bâti ; par ses livres, il donne une méthode. Ensemble, ils font entrer les ordres classiques dans le bâti français et, de là, dans toute l'Europe septentrionale. Serlio en France, c'est le moment où la Renaissance cesse d'être un privilège italien pour devenir une langue partagée.
Continuer sur la vie et les créations de Sebastiano Serlio en Italie · 1475 - 1554
Monuments associés (8)

Château de Lourmarin
Lourmarin (84)
cité — toute neuve, aux loggias à l'italienne, dont on attribue la façade à l'architecte italien Sebastiano Serlio. Pour HitsMap, Lourmarin est la porte sud de la Renaissance française. ## Carte d'identité - **Nom** : Châte

Louvre – aile Lescot
Paris (1er) (75)
cité — tiellement celle d'Henri II. ### Un concours perdu par les Italiens Le projet italien de Sebastiano Serlio est finalement écarté au profit de Pierre Lescot. C'est un tournant majeur : la France affirme sa propre iden

Église Saint-Suliau de Sizun (enclos paroissial)
Sizun (29)
cité — une **précision** comparable aux **modèles italiens** (l'arc s'inspire des **gravures de Sebastiano Serlio** et de **Vignole**, manuels d'architecture italiens diffusés en France au XVIe siècle), il témoigne d'une **

Château d'Ancy-le-Franc
Ancy-le-Franc (89)
cité — f-d'œuvre de la Renaissance classique française, Ancy-le-Franc fut construit sur plans de Sebastiano Serlio (architecte théoricien de la Renaissance) entre 1542 et 1550. Sa cour intérieure carrée à galeries d'arcades

Église Notre-Dame de Pencran (enclos paroissial)
Pencran (29)
cité — inthiennes**, **médaillons à profil antique**. Leur **manuel de proportions** (inspiré de Sebastiano Serlio), partiellement conservé aux Archives du Finistère, donne un aperçu fascinant des **techniques de constructio

Cathédrale Saint-Pierre de Vannes
Vannes (56)
cité — est incertaine : certains historiens y voient l'œuvre d'un **atelier italien itinérant** (Sebastiano Serlio passait par la France dès 1541), d'autres celle d'un **architecte breton** ayant étudié les traités italiens.

La Basilique palladienne de Vicence
Vicence ()
cité — la « travée palladienne », aussi appelée serlienne (du nom de l'architecte et théoricien Sebastiano Serlio, qui l'avait diffusée). Chaque travée associe une baie centrale couverte d'un arc, porté par deux petites col

Le Tempietto de Bramante
Rome ()
cité — l'effet de centralité. Ce projet — connu notamment par la gravure qu'en donnera plus tard Sebastiano Serlio dans son traité d'architecture — ne fut jamais réalisé, et le Tempietto demeure enserré dans une cour rectang
