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Cathédrale Saint-Pierre de Vannes — édifice religieux à Vannes (Morbihan (56)) (56), monument historique (Classé MH)

Monument

Cathédrale Saint-Pierre de Vannes

XIIIe-XIXe siècle (chapelle Renaissance 1537, sous François Ier)·Religieux·Vannes (Morbihan (56)) (56)·Classé MH

À voir

Histoire

La cathédrale Saint-Pierre de Vannes possède l'un des éléments Renaissance les plus singuliers de Bretagne : une chapelle ronde Renaissance, datée de 1537, construite contre le mur nord de la cathédrale gothique — unique en Bretagne et l'une des plus précoces chapelles à plan centré Renaissance en France.

L'édifice principal fut construit entre le XIIIe et le XIXe siècle, soit six siècles de chantier. La cathédrale primitive du XIIIe siècle, gothique, fut conservée pour le chœur et le déambulatoire. La nef fut reconstruite au XVe siècle (gothique flamboyant), la façade au XIXe siècle (néogothique pseudo-flamboyant). Mais le morceau Renaissance majeur est la chapelle du Saint-Sacrement, dite « rotonde de Saint-Vincent-Ferrier », érigée en 1537 sous l'évêque François Ier d'Argouges.

Cette chapelle, dédiée à saint Vincent Ferrier (dominicain valencien mort à Vannes en 1419, canonisé en 1455), présente un plan circulaire de 9 mètres de diamètre, voûté en coupole, ornée d'ordre dorique (colonnes engagées, frises à triglyphes, métopes sculptées de bucranes et coupes antiques). C'est l'un des plus anciens témoignages d'architecture italianisante en France atlantique, antérieur de vingt ans aux chapelles funéraires Renaissance de la cour royale (Henri II, Anet, Écouen).

L'attribution est incertaine : certains historiens y voient l'œuvre d'un atelier italien itinérant (Sebastiano Serlio passait par la France dès 1541), d'autres celle d'un architecte breton ayant étudié les traités italiens. La rotonde fut consacrée en 1542 et reçut les reliques de saint Vincent Ferrier (transférées en 1456 dans la cathédrale).

À voir absolument

  • La chapelle ronde Renaissance (1537), dite rotonde de Saint-Vincent-Ferrier, l'un des plus précoces témoignages d'architecture italianisante en France atlantique
  • L'ordre dorique de la rotonde : colonnes engagées à chapiteaux dorique, frises à triglyphes, métopes sculptées
  • La voûte en coupole de la rotonde, ornée de caissons sculptés
  • Le tombeau de saint Vincent Ferrier (1456, gothique), au centre de la rotonde Renaissance — dialogue saisissant entre les deux styles
  • Le chœur gothique (XIIIe siècle), avec ses clés de voûte sculptées et ses stalles
  • Les tapisseries de la vie de saint Vincent Ferrier (XVIIIe siècle, copies des originales du XVe disparues)
  • Le trésor de la cathédrale (visite payante), avec orfèvrerie Renaissance et reliquaires médiévaux
  • Le maître-autel baroque (XVIIIe siècle), contraste avec la rigueur Renaissance de la rotonde
  • La chaire à prêcher Renaissance tardive (vers 1600), sculptée de figures de l'Ancien Testament

Anecdotes & secrets

Saint Vincent Ferrier (1350-1419), dominicain valencien, fut l'un des plus extraordinaires prédicateurs itinérants du Moyen Âge. Pendant vingt ans, il parcourut l'Europe occidentale (Espagne, France, Italie, Suisse, Pays-Bas) en prêchant la fin du monde imminente et la conversion des Juifs et des musulmans. Ses sermons en plein air attiraient parfois 50 000 à 80 000 fidèles — chiffres énormes pour l'époque. Polyglotte (catalan, latin, français, italien), il était considéré comme un thaumaturge : on lui attribue plus de 800 miracles documentés de son vivant. Il mourut à Vannes le 5 avril 1419 pendant une mission de prédication en Bretagne, et fut enterré dans la cathédrale.

L'évêque François Ier d'Argouges (évêque de Vannes 1532-1547), commanditaire de la rotonde Renaissance, était un humaniste fortuné. Il avait étudié à Paris et à Bologne, parlait italien couramment, possédait une bibliothèque de 1 200 volumes (énorme pour un évêque breton du XVIe siècle). Sa rotonde dédiée à saint Vincent Ferrier est l'un des rares témoignages de l'italianisme épiscopal dans l'ouest de la France. Argouges fut également protecteur de poètes : il accueillit à Vannes plusieurs disciples de Ronsard et de la Pléiade.

La cathédrale conserve un fragment de la « tunique blanche » de saint Vincent Ferrier, relique vénérée pendant tout le Moyen Âge. Pendant la Révolution, la relique fut cachée par un chanoine dans une maison de la rue Saint-Salomon et redécouverte en 1804. Elle est exposée dans le trésor de la cathédrale, dans un reliquaire Renaissance restauré au XIXe siècle.

Conseils de visite

Cathédrale ouverte tous les jours de 9h à 18h, entrée libre. Trésor : visite payante (5€), ouvert l'après-midi. La rotonde Renaissance est accessible librement, à voir absolument. Combiner avec la promenade dans la vieille ville fortifiée de Vannes (remparts, maisons à pans de bois, jardins des remparts), le port de plaisance, et le musée d'histoire et d'archéologie. Vannes accessible depuis Rennes en TER (1h15) ou Paris-Montparnasse en TGV (3h).