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Portrait de Donato Bramante

Illustre

Donato Bramante

Architecte de la Haute Renaissance

1444-1514·Architecte·Fermignano (Urbino) / Milan / Rome·architecture · peinture

Contributions & œuvres

On l'appelle le père de l'architecture de la Haute Renaissance, et le titre n'a rien d'exagéré. Né près d'Urbino, formé au contact d'une cour où l'on rêvait de villes idéales, Donato Bramante a passé sa vie à traduire dans la pierre une conviction limpide : l'Antiquité n'était pas un décor à imiter, mais une grammaire à réactiver. Peintre d'abord, il s'installe à Milan sous les Sforza, où il apprend à jouer de la perspective et de l'illusion — c'est là qu'il conçoit le célèbre faux chœur de Santa Maria presso San Satiro, quelques centimètres de profondeur réelle transformés en un vaste sanctuaire par la seule science de l'œil.

Mais c'est à Rome, dans les toutes premières années du XVIe siècle, que son génie se déploie pleinement. Le Tempietto de San Pietro in Montorio, élevé sur le lieu supposé du martyre de saint Pierre, est un petit temple circulaire ceint de colonnes, d'une pureté classique presque irréelle. Minuscule et pourtant monumental, il condense tout le programme de la Renaissance : proportion, ordre, sérénité. Beaucoup y voient le premier édifice pleinement « moderne » depuis l'Antiquité, une leçon d'équilibre que des générations d'architectes viendront étudier.

Vint alors la commande de sa vie. Le pape Jules II, souverain bâtisseur, lui confia le chantier le plus vertigineux de la chrétienté : reconstruire la basilique Saint-Pierre de Rome. Bramante en dessina le plan le plus ambitieux qui soit — une immense croix grecque, aux branches égales, couronnée d'une coupole colossale que la tradition dit inspirée du Panthéon posé, disait-on, sur le sommet de la basilique. L'idée était d'une audace absolue : offrir à la papauté un espace centré, rayonnant, où la géométrie parlerait de l'ordre divin. Bramante n'en verrait que les premiers piliers ; la coupole reviendrait bien plus tard à Michel-Ange, mais l'ossature de l'idée était la sienne.

Il ne faut pas oublier le peintre derrière l'architecte. Le Christ à la colonne, conservé à la Brera de Milan, montre un homme au visage marqué, cadré au plus près, d'une gravité poignante — preuve que la main qui traçait des coupoles savait aussi sonder les visages. @@AVERIFIER (attribution du panneau de la Brera à Bramante, généralement admise mais discutée)

Anecdote mémorable

Le surnom qui lui colla à la peau en dit long : à Rome, on murmurait « Bramante ruinante », le Bramante qui ruine, qui détruit. Pour bâtir son nouveau Saint-Pierre, il fallait en effet raser l'ancienne basilique constantinienne, vieille de près de douze siècles, avec ses colonnes, ses mosaïques et ses tombeaux paléochrétiens. Beaucoup de contemporains furent horrifiés de voir tomber sous le pic tant de trésors vénérables. Le geste passa pour une brutalité sacrilège autant que pour un coup de génie — et c'est peut-être la meilleure définition de l'audace de Bramante : on ne bâtit pas plus grand sans accepter de faire tomber ce qui précède.

Influences reçues

Bramante hérite de la culture mathématique et perspectiviste de la cour d'Urbino, où circulaient les idées de Piero della Francesca et l'idéal de la cité harmonieuse. À Milan, il côtoie Léonard de Vinci, dont les recherches sur les plans centrés et les églises à coupole nourrissent sa propre réflexion. Par-dessus tout, il puise directement aux sources antiques : les ruines romaines, le Panthéon, les thermes impériaux deviennent son véritable manuel, qu'il ne copie pas mais dont il ressaisit les principes. @@AVERIFIER (nature et intensité précises des échanges avec Léonard à Milan)

Influences exercées

Son ombre s'étend sur tout le XVIe siècle. Raphaël, son compatriote d'Urbino qu'il aurait introduit à la cour pontificale, lui succède au chantier de Saint-Pierre ; Michel-Ange, en reprenant plus tard la coupole, dialogue avec son plan initial. Le vocabulaire qu'il a fixé — plan centré, ordre monumental, coupole souveraine — devient la langue commune de l'architecture classique, de la Renaissance tardive jusqu'au baroque, et bien au-delà des Alpes.

Importance historique

Bramante occupe une place charnière : il est l'homme qui a fait passer l'architecture du raffinement décoratif du Quattrocento à la gravité monumentale de la Haute Renaissance. Le Tempietto et le plan de Saint-Pierre suffisent à en faire l'un des architectes les plus influents de toute l'histoire européenne. Il incarne une audace créatrice qui ne recule ni devant l'échelle ni devant le poids du passé — quitte à s'attirer la réputation d'un destructeur.

Peintures (1)

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