✦ Illustre ✦
Giovanni Antonio Bazzi, dit Il Sodoma
peintre
Contributions & œuvres
Venu de Lombardie, imprégné de l'art de Léonard, le Sodoma s'installe à Sienne où il devient le peintre le plus en vue. À Monte Oliveto Maggiore, il achève le grand cycle des fresques de la vie de saint Benoît commencé par Signorelli, y déployant grâce et vivacité. À Sienne, il peint la bouleversante « Extase de sainte Catherine ». Appelé à Rome par le banquier Chigi, il travaille à la Farnesine aux côtés de Raphaël. La France conserve à Sienne son « Christ à la colonne », d'une douceur poignante. Son art, tout de charme et de sfumato, prolonge la leçon de Léonard dans la Sienne du XVIᵉ siècle.
Anecdote mémorable
Vasari, qui ne l'aimait guère, raconte que le Sodoma vivait entouré d'une ménagerie extravagante — blaireaux, écureuils, singes, un corbeau parlant, des chevaux de course — et menait grand train de bohème. Il assumait son surnom provocateur au point de le signer. Derrière le personnage scandaleux se cachait l'un des pinceaux les plus délicats de son temps.
Influences reçues
Léonard de Vinci et l'école lombarde pour le sfumato et la grâce ; l'art siennois qui l'adopte.
Influences exercées
Il diffuse le léonardisme à Sienne et forme, avec Beccafumi, le dernier grand moment de l'école.
Importance historique
Le Sodoma est l'un des peintres les plus gracieux et les plus attachants de la Renaissance. Lombard formé dans le sillage de Léonard, il porte à Sienne un sfumato tendre, des visages d'une douceur presque féminine, un charme sensuel qui séduit toute la ville. Ses fresques du monastère de Monte Oliveto Maggiore, contant la vie de saint Benoît, et son « Extase de sainte Catherine » comptent parmi les plus belles images de l'art siennois. Personnage extravagant et provocateur — son surnom même, qu'il assumait fièrement, disait son goût du scandale —, il fut un artiste d'un raffinement rare sous des dehors de bohème.
