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Portrait de Thoinot Arbeau

Illustre

Thoinot Arbeau

Compositeur

1520–1595·Compositeur·musique

Contributions & œuvres

Thoinot Arbeau est un pseudonyme, et un jeu : c'est l'anagramme de Jehan Tabourot, chanoine de Langres, né à Dijon et mort à Langres. L'audace tient à ce paradoxe savoureux — un homme d'Église, chantre, inspecteur des écoles et vicaire général du diocèse, qui consacre son grand œuvre non à la théologie mais à la danse. En 1589 il publie l'Orchésographie, sous-titrée traité en forme de dialogue par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre et pratiquer l'honnête exercice des danses. Le livre met en scène le vieux chanoine enseignant à un jeune juriste nommé Capriol qui veut danser en société. Sa trouvaille est technique et sans précédent : Arbeau aligne la mélodie imprimée verticalement à côté des pas correspondants, note contre note, de sorte que le lecteur voit exactement quel mouvement va sur quelle valeur musicale. C'est le premier manuel qui synchronise la chorégraphie et la partition. On y trouve pavanes, gaillardes, branles, la volte, la capriole, et la célèbre pavane Belle qui tiens ma vie, à quatre voix, restée l'emblème sonore de la Renaissance dansée. La part de nuance : Arbeau n'est pas un compositeur au sens plein, et son livre est une œuvre unique, écrite sur le tard, vers ses soixante-neuf ans. Son ton est déjà nostalgique — il regrette les danses de sa jeunesse, sent que des usages se perdent, et fige par écrit un monde qui s'éloigne. Sa danse est celle de la sociabilité de cour, codifiée, presque un manuel de bonnes manières autant qu'un art. L'« Orchésographie » (1589), écrite sous forme de dialogue entre le chanoine et un jeune juriste, Capriol, désireux d'apprendre à danser, demeure la source première pour reconstituer les danses de la Renaissance — pavanes, gaillardes, branles — en synchronisant chaque pas avec la note qui lui correspond. @@AVERIFIER

Anecdote mémorable

Toute l'Orchésographie est bâtie comme un dialogue vivant entre le vieux chanoine et son élève imaginaire, Capriol, jeune homme revenu des études de droit qui avoue ne savoir ni danser ni se tenir en compagnie. Arbeau lui répond en professeur patient, mêlant conseils de maintien et notation précise des pas. Ce procédé, très rare pour un traité technique, donne au livre une chaleur et une ironie qui le rendent encore agréable à lire aujourd'hui.

Influences reçues

Tradition des basses danses bourguignonnes ; danses de cour du XVIᵉ siècle ; culture des chantres et maîtres à danser

Influences exercées

Reconstitution moderne de la danse ancienne ; historiens de la danse Renaissance ; Peter Warlock (Capriol Suite, XXᵉ siècle)

Importance historique

Arbeau nous touche parce qu'il a sauvé l'insaisissable : le mouvement des corps. Toute reconstitution moderne de la danse Renaissance, tout ensemble qui remonte une pavane ou un branle, repose sur son témoignage. Il rappelle aussi que la danse fut un fait social total — apprendre à danser, c'était apprendre à saluer, à séduire, à tenir son rang. Et sa Belle qui tiens ma vie continue, quatre siècles plus tard, de faire aimer cette musique dès la première mesure.

Œuvres (13)

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