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Illustre

Lavinia Fontana

peintre

Bologne, 1552 – Rome, 1614·L'une des premières femmes peintres professionnelles d'Europe ; peintre de la noblesse bolonaise et de la cour pontificale.·Bologne·peinture

Contributions & œuvres

Fille et élève du peintre Prospero Fontana, Lavinia épouse un peintre qui met son propre travail au service de la carrière de sa femme et élève leurs nombreux enfants — renversement rare pour l'époque. Elle devient la portraitiste attitrée des dames de Bologne, qu'elle représente parées de dentelles et de bijoux rendus avec une minutie éblouissante, puis obtient de grandes commandes religieuses, privilège presque inouï pour une femme. Appelée à Rome vers 1604 par le pape Clément VIII, elle y est fêtée et frappe une médaille à son effigie. La France conserve son émouvant « Portrait d'Antonietta Gonzalvus », fillette atteinte d'hypertrichose, couverte de poils comme d'une fourrure : Lavinia la peint non en curiosité de foire, mais en enfant digne, tenant un billet qui raconte son histoire — un regard de compassion rare dans un siècle qui montrait ces êtres comme des monstres.

Anecdote mémorable

On connaît d'elle plus de tableaux que de n'importe quelle femme artiste avant le XVIIᵉ siècle, et elle éleva onze enfants tout en peignant sans relâche — pendant que son mari, peintre lui-même, renonçait à sa propre carrière pour gérer l'atelier et la maisonnée. À sa mort, Rome frappa une médaille en son honneur : un hommage réservé aux plus grands.

Influences reçues

L'atelier de son père Prospero Fontana ; l'exemple des grands Bolonais et l'élégance du maniérisme ; l'art du portrait vénitien et flamand pour le rendu des étoffes.

Influences exercées

Elle ouvre la voie aux femmes peintres qui suivront, d'Artemisia Gentileschi à Élisabeth Vigée Le Brun, et prouve, un siècle avant l'heure, qu'une femme peut mener un atelier et une carrière publique.

Importance historique

Lavinia Fontana est l'une des toutes premières femmes à avoir vécu de sa peinture, à égalité avec les hommes, dans l'Europe du XVIᵉ siècle. À Bologne, ville plus ouverte que d'autres au talent féminin, elle mène une vraie carrière : commandes officielles, grands retables d'autel, portraits recherchés de la noblesse, puis appel à Rome par le pape lui-même. Elle brise, par le seul fait d'exister comme professionnelle, une barrière que presque aucune femme de son temps n'a franchie — et elle le fait avec une maîtrise qui n'a rien à envier aux maîtres, tout en portant sur ses modèles, surtout les femmes et les enfants, un regard d'une tendresse singulière.

Peintures (1)