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Portrait de Antoine de Févin

Illustre

Antoine de Févin

Compositeur

c.1470–1511/12·Compositeur·musique

Contributions & œuvres

Antoine de Févin, né vers 1470 à Arras, fils d'un échevin, est le portrait d'un talent fauché trop tôt. Contemporain de Josquin des Prez, il partage tant de traits avec l'illustre maître que le théoricien Glareanus l'a surnommé « l'heureux émule de Josquin » — un imitateur, mais un imitateur heureux, c'est-à-dire inspiré, qui égale parfois son modèle. Dès 1507, Févin est chanteur et compositeur de la chapelle royale de Louis XII, un roi qui le tient en haute estime et s'entoure de sa musique. En quelques années seulement, il produit une œuvre sacrée abondante et largement imprimée : neuf messes, un Requiem, près de vingt motets, des Lamentations et des Magnificat. Sa Missa Ave Maria, son motet Sancta Trinitas unus Deus ou son Nesciens mater comptent parmi les pages les plus diffusées de son temps. Certaines de ses messes sont des messes-parodie construites sur des motets de Josquin : il ne copie pas, il dialogue. Son écriture, d'une élégance limpide, sait opposer les duos de voix contrastés à la plénitude du chœur entier — un art du contraste qui annonce l'épanouissement de la chapelle des Valois. Il incarne cette élégance maîtrisée de la cour française juste avant l'avènement de François Iᵉʳ. Sa nuance est celle d'une promesse inachevée : Févin meurt à Blois vers 1511 ou au tout début de 1512, avant la quarantaine. On ne saura jamais ce que ce « second Josquin » serait devenu s'il avait eu, comme son modèle, le temps de vieillir. Copié dans les grands manuscrits de la chapelle pontificale, il fut l'un des rares Français que l'Italie musicale adopta de son vivant ; l'humaniste Glareanus le salua comme un « heureux émule de Josquin ». @@AVERIFIER (formulation exacte de Glareanus)

Anecdote mémorable

Le théoricien suisse Glareanus, qui classait les compositeurs de son siècle comme on juge des orateurs, décerna à Févin un titre resté célèbre : « felix Jodoci aemulator », l'heureux émule de Josquin. Le compliment est à double tranchant — il place Févin à jamais dans l'ombre du géant qu'il imitait si bien. Mais dans la bouche d'un juge aussi sévère, être dit l'égal heureux de Josquin valait tous les sacres. @@AVERIFIER

Influences reçues

Josquin des Prez ; école franco-flamande

Influences exercées

Chapelle royale des Valois ; Jean Mouton ; Claudin de Sermisy

Importance historique

Févin compte parce qu'il fut, de l'aveu même des connaisseurs de son époque, le plus doué des continuateurs de Josquin — celui dont la musique porte la clarté et la tendresse du maître sans en avoir la sévérité. Sa grâce contrôlée fait de lui le visage musical de la chapelle royale à la charnière de deux règnes. On s'attache à lui pour cette élégance sereine, et pour la mélancolie qui plane sur une œuvre interrompue par une mort précoce.

Le courant : l’École franco-flamande

Œuvres (8)

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