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Intérieur gothique de la chapelle de Magdalen College à Oxford, stalles de bois sculpté et hauts vitraux.

La chapelle de Magdalen College à Oxford, où John Sheppard dirigea les enfants de chœur de 1543 à 1548 (stalles restaurées au XIXe siècle).

Illustre

John Sheppard

Compositeur

v. 1515–1558·Compositeur·musique

Contributions & œuvres

John Sheppard (v. 1515-1558) est l'un des plus puissants polyphonistes de l'Angleterre des Tudor — et l'un des plus longtemps ignorés. Nommé informator choristarum de Magdalen College à Oxford dès 1543, chargé de former et de diriger les enfants de chœur, il rejoint ensuite la Chapel Royal, au cœur de la vie musicale du royaume. Son audace tient à une écriture d'une ampleur et d'une densité sonore rares : dans Media vita in morte sumus, immense répons de carême sur le texte « au milieu de la vie nous sommes dans la mort », il déploie le cantus firmus en valeurs très longues et fait rayonner autour de lui un paysage harmonique d'une intensité presque vertigineuse — l'une des pages les plus saisissantes de tout le répertoire anglais. Également à l'aise dans le latin liturgique et dans l'anglais réformé, il laisse cinq cycles de messe, dont la Western Wynde à quatre voix et la Cantate à six voix, une vingtaine de répons, des hymnes en alternatim et des anthems anglais taillés pour les exigences de la Réforme : simplicité, texte audible, écriture syllabique. La nuance est cruelle. Une grande partie de sa musique est perdue, et nombre de ses pièces anglaises ne survivent que dans un état si lacunaire qu'elles en sont irrécupérables. Négligé pendant des siècles, éclipsé par Tallis et Byrd, Sheppard n'a vraiment été exhumé qu'à partir des années 1960-1970, par la recherche musicologique et les premières exécutions modernes. Longtemps oublié, il ne fut vraiment redécouvert qu'à partir des années 1960-1970 ; son immense « Media vita », où la polyphonie enfle et retombe comme une houle, est aujourd'hui un pilier du répertoire des grands chœurs anglais. @@AVERIFIER

Anecdote mémorable

En décembre 1558, Sheppard meurt à Londres, emporté par la grande épidémie de grippe qui ravage alors l'Angleterre — la même vague qui vient d'emporter la reine Marie Tudor quelques semaines plus tôt et de porter Élisabeth sur le trône. Il aurait rédigé son testament peu avant de disparaître @@AVERIFIER. Sa mort, en pleine bascule confessionnelle du royaume, prive la musique anglaise d'un maître à son sommet et contribue sans doute à son long effacement : il n'aura pas eu, comme Tallis, les décennies élisabéthaines pour asseoir sa gloire.

Influences reçues

Polyphonie anglaise pré-Réforme ; tradition chorale de Sarum ; John Taverner @@AVERIFIER

Influences exercées

Réception tardive : renouveau de la musique chorale Tudor au XXe siècle (travaux de Peter le Huray, exécutions de David Wulstan) @@AVERIFIER ; chœurs spécialisés du répertoire anglais

Importance historique

On s'attache à Sheppard pour la beauté sombre et charnelle de sa polyphonie, où les voix s'entrelacent en nappes lumineuses au-dessus de longues tenues graves. Il rappelle qu'un très grand compositeur peut sombrer dans l'oubli sans démériter, victime des ruptures religieuses et de la perte de ses sources. Sa lente redécouverte, portée depuis une trentaine d'années par les chœurs spécialisés et une discographie grandissante de Media vita, est l'une des belles réparations de la musicologie récente.

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