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Portrait de Jean Mouton

Illustre

Jean Mouton

Compositeur

c.1459–1522·Compositeur·musique

Contributions & œuvres

Jean Mouton est le grand maitre de la musique sacree de cour sous Louis XII et Francois Ier, l'homme qui a donne a la monarchie francaise sa splendeur polyphonique. Ne vers 1459 pres de Samer, dans le Boulonnais @@AVERIFIER, mort en 1522, il sert la reine Anne de Bretagne puis les rois de France, composant les motets des grandes occasions - sacres, traites, naissances, funerailles. Son audace est celle de l'aisance souveraine : Mouton ecrit une polyphonie limpide, coulante, d'une elegance qui masque la difficulte, et manie le canon avec une virtuosite tranquille. Son Nesciens mater deploie un quadruple canon a huit voix sans jamais perdre sa douceur ; sa deploration Quis dabit oculis nostris, sur la mort d'Anne de Bretagne en 1514, est l'un des sommets du genre. Mais sa contribution la plus lourde de consequences est peut-etre pedagogique : Mouton est le maitre d'Adrian Willaert, qui portera cet art en Italie et fondera l'ecole venitienne - de sorte qu'une part de la musique europeenne du XVIe siecle descend en droite ligne de son enseignement. La part d'ombre tient a la comparaison ecrasante avec Josquin, son contemporain de genie : Mouton, plus lisse, moins tourmente, a longtemps ete range au second plan, et sa formation exacte - fut-il proche de Josquin ? @@AVERIFIER - reste mal documentee. Sa reputation a pali la ou celle de son eleve Willaert eclatait. Maître d'Adrian Willaert, il fut ainsi, à distance, l'un des pères de la future école vénitienne. Ses motets, d'une élégance fluide et d'une écriture canonique souveraine, circulèrent jusque dans les grands manuscrits de la chapelle pontificale. @@AVERIFIER Sa mort, en 1522, fut pleurée dans la déploration « Quis dabit oculis nostris », écho de celle qu'il avait lui-même écrite pour Anne de Bretagne. @@AVERIFIER

Anecdote mémorable

En janvier 1514, la mort d'Anne de Bretagne plonge la cour de France dans le deuil. Jean Mouton, son musicien, compose la deploration Quis dabit oculis nostris fontem lacrimarum - Qui donnera a nos yeux une source de larmes -, ou la polyphonie se fait plainte collective d'un royaume orphelin de sa reine. Ecrire la douleur d'un peuple entier pour une souveraine aimee : c'est tout l'art du motet de cour. @@AVERIFIER (attribution a Mouton et circonstances de Quis dabit oculis nostris).

Influences reçues

Ecole franco-flamande ; proximite avec Josquin des Prez @@AVERIFIER

Influences exercées

Adrian Willaert ; ecole venitienne ; polyphonie sacree de cour

Importance historique

Mouton compte parce qu'il est un chainon decisif : sans lui, pas de Willaert, donc pas d'ecole venitienne, donc une autre histoire de la musique. On s'attache a sa clarte sereine, a cette maniere d'etre savant sans etre aride. Sa musique, faite pour les fastes de la cour de France, garde quelque chose de la lumiere des chateaux de la Loire au temps de Francois Ier.

Le courant : l’École franco-flamande

Œuvres (16)

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