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Portrait de Francesco Primaticcio, dit Le Primatice

Illustre

Francesco Primaticcio, dit Le Primatice

Directeur de Fontainebleau pendant 40 ans — créateur du maniérisme français

Italie : 1504-1532 (Bologne, puis Mantoue)·Peintre / Sculpteur / Architecte·Arts

Contributions & œuvres

Avant d'être le grand ordonnateur de Fontainebleau, Le Primatice fut un enfant de l'Italie du Nord, et c'est là qu'il apprit tout. Né à Bologne en 1504, il se forme dans le milieu bolonais — on cite les ateliers d'Innocenzo da Imola et de Bagnacavallo @@AVERIFIER — avant de faire le saut décisif : vers 1525-1526, il rejoint à Mantoue le chantier de Giulio Romano, l'héritier de Raphaël, au Palazzo Te que Frédéric II de Gonzague fait édifier hors les murs. Pendant six ans, le jeune Bolonais y travaille au coude à coude avec le maître : il apprend l'art du décor total, où la fresque et le stuc en haut-relief se répondent pour transformer une salle entière en théâtre mythologique. C'est à Mantoue qu'il assimile ce vocabulaire — corps héroïques, élégance maniériste, ornement all'antica, illusion spatiale — qu'il transplantera en France. Sa part exacte dans les salles du Palazzo Te (Sala degli Stucchi, Sala di Psiche) reste difficile à isoler de la main de Giulio et de l'atelier @@AVERIFIER : c'est le sort des grands élèves, fondus dans l'œuvre du maître. En 1532, sa réputation d'exécutant brillant lui vaut d'être appelé par François Iᵉʳ. La nuance de ces années italiennes est là, tout entière : Le Primatice y est génial mais anonyme, un talent en formation dont l'Italie garde peu de traces signées — comme si sa vraie naissance d'artiste devait attendre l'exil français. Sa gloire, il ne la connaîtra pas à Bologne ni à Mantoue, mais à Fontainebleau.

Anecdote mémorable

À Mantoue, le Palazzo Te de Giulio Romano était une machine à étonner : dans la Sala dei Giganti, les Titans foudroyés semblaient faire s'écrouler la pièce sur le visiteur, murs et voûte confondus en un même cataclysme peint. C'est dans cet atelier de l'illusion et de la démesure que Le Primatice apprit son métier de metteur en scène de l'espace. Quand François Iᵉʳ, quelques années plus tard, cherchera un homme capable de transformer un château en palais des merveilles, c'est ce savoir-faire mantouan qu'il fera venir — un fragment du Palazzo Te transplanté sur les bords de Seine. @@AVERIFIER (part précise du Primatice dans les salles citées)

Influences reçues

Giulio Romano ; Raphaël (par Giulio) ; Innocenzo da Imola ; Bagnacavallo ; école bolonaise

Influences exercées

École de Fontainebleau ; Nicolò dell'Abbate ; maniérisme français ; art de cour des Valois

Importance historique

Ces années italiennes comptent parce qu'elles expliquent tout le reste : sans l'école de Giulio Romano à Mantoue, il n'y aurait pas eu la « manière de Fontainebleau ». Le Primatice est le canal par lequel le maniérisme romain de Raphaël, filtré par Giulio, passe en France et y devient une esthétique nationale. On s'attache à ce moment de formation pour ce qu'il dit de la circulation des artistes à la Renaissance : un Bolonais formé à Mantoue qui va inventer, à Fontainebleau, le goût de toute une cour. L'Italie fut son école ; la France, son royaume.

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