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Portrait de Eustache du Caurroy

Illustre

Eustache du Caurroy

Compositeur

1549–1609·Compositeur·musique

Contributions & œuvres

De son vivant on le surnommait le prince des musiciens, et Eustache du Caurroy porta longtemps ce titre sans partage. Sous-maître puis figure dominante de la chapelle royale, compositeur de la Chambre du roi sous Henri IV, il incarne la musique française officielle au tournant du XVIIᵉ siècle : grave, ordonnée, monumentale. Son chef-d'œuvre est la Missa pro defunctis, requiem à cinq voix qui devint le plus célèbre de tout l'Ancien Régime. Chantée à Saint-Denis pour les funérailles d'Henri IV en 1610 — un an après la mort de son auteur —, elle fut ensuite jouée pour toutes les obsèques des rois de France jusqu'à la Révolution : plus d'un siècle et demi de solennités royales portées par une seule œuvre. Héritier de la grande polyphonie franco-flamande, Du Caurroy y ouvre pourtant des horizons nouveaux à la musique sacrée française. Il laisse aussi un corpus remarquable de fantaisies instrumentales à trois, quatre, cinq et six parties — un recueil de quarante-deux pièces publié après sa mort en 1610 — qui compte parmi les plus belles musiques instrumentales françaises de l'époque et influença les organistes de la génération suivante. La nuance : son art est sévère, savant, tourné vers la tradition plus que vers l'audace italienne qui triomphait alors. Sa musique profane est aujourd'hui presque oubliée, et sa gloire la plus durable lui vint après sa mort, portée par un requiem qu'il ne vit jamais servir à sa fonction royale. Ses « Fantaisies » instrumentales, publiées après sa mort en 1610, comptent parmi les premières pièces françaises conçues pour les seuls instruments, annonçant la musique de chambre à venir. @@AVERIFIER (part exacte de l'instrumental) Surnommé de son vivant le « prince des musiciens », il forma le goût musical de la cour des derniers Valois et d'Henri IV. @@AVERIFIER

Anecdote mémorable

Ironie du destin : le requiem qui devait devenir la musique des funérailles royales de France ne servit pour la première fois qu'aux obsèques d'Henri IV, en 1610, soit un an après la mort de son propre auteur. Du Caurroy composa ainsi le chant de deuil de toute une dynastie sans jamais l'entendre remplir sa mission. La Missa pro defunctis accompagna ensuite chaque roi défunt jusqu'à la Révolution.

Influences reçues

Roland de Lassus ; polyphonie franco-flamande ; tradition de la chapelle royale française

Influences exercées

Musique cérémonielle et funèbre française ; école d'orgue et de clavier française ; fantaisie instrumentale du XVIIᵉ siècle

Importance historique

Du Caurroy compte parce qu'il a donné à la monarchie française sa voix funèbre — la musique par laquelle un royaume pleurait ses rois pendant plus d'un siècle. On s'attache à cette permanence : une même œuvre, résonnant sous les voûtes de Saint-Denis de génération en génération. Ses fantaisies instrumentales, redécouvertes par les ensembles modernes, révèlent en outre un art contemplatif d'une pureté rare.

Le courant : l’École franco-flamande

Œuvres (15)

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