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Illustre

Nicolò dell'Abbate

peintre

Modène, v.1509 – Fontainebleau (?), v.1571·Peintre émilien, maître de la seconde école de Fontainebleau au service des rois de France.·Modène (actif à Fontainebleau)·peinture

Contributions & œuvres

Formé à Modène et à Bologne, où il peint de remarquables décors, Nicolò dell'Abbate est appelé en France par Henri II. À Fontainebleau, il exécute, souvent d'après les dessins du Primatice, les grands décors du château — galeries, salles, aujourd'hui en partie disparus. Il excelle dans le paysage mythologique : ses scènes d'« Orphée », d'« Eurydice », de « Proserpine » se déroulent dans des campagnes immenses et bleutées d'une poésie neuve. La France conserve à Écouen des cheminées peintes du cycle des Métamorphoses d'Ovide, issues de l'école de Fontainebleau et attribuées à son entourage. Il acclimate en France le grand paysage à l'italienne.

Anecdote mémorable

Ses grands paysages peuplés de petites figures — Orphée charmant les bêtes, l'enlèvement de Proserpine — inventent une formule que la France adoptera pour deux siècles : la nature vaste et idéale comme véritable sujet du tableau, l'homme réduit à une silhouette dans l'immensité. Poussin et le Lorrain, plus tard, s'en souviendront.

Influences reçues

Le Corrège et le Parmesan pour la grâce émilienne ; le Primatice, aux côtés de qui il travaille à Fontainebleau.

Influences exercées

Son paysage mythologique annonce le paysage classique français (Poussin, le Lorrain) ; il ancre en France la manière de Fontainebleau.

Importance historique

Nicolò dell'Abbate est l'un de ces Italiens qui portèrent la Renaissance en France. Émilien de talent, il gagne Fontainebleau vers 1552 et devient, aux côtés du Primatice, l'un des maîtres de la seconde école de Fontainebleau — ce foyer où l'art italien, transplanté à la cour des Valois, donne naissance à la Renaissance française. Il est surtout l'inventeur d'un genre appelé à un grand avenir : le paysage habité, vaste et poétique, où de petites figures mythologiques évoluent dans une nature idéale. Par lui passe une part de ce qui deviendra, un siècle plus tard, le paysage classique de Poussin et du Lorrain.

Peintures (1)