
Contributions & œuvres
Pierre de La Rue est le grand maitre de la Grande Chapelle des Habsbourg-Bourgogne, le compositeur attitre des princes les plus puissants de son temps. Ne vers 1452 a Tournai @@AVERIFIER (certaines sources avancent plutot vers 1460), mort en 1518 a Courtrai, il sert Maximilien Ier, Philippe le Beau et surtout Marguerite d'Autriche, regente des Pays-Bas, qui fait de lui son musicien prefere. Son audace est celle de la profondeur : La Rue ecrit pour des voix exceptionnellement graves, creuse des sonorites sombres et pleines qui conviennent aux lieux de memoire et de pouvoir. Son Requiem, l'un des plus anciens qui nous soient parvenus, descend dans des abimes de basse d'une solennite saisissante. Il excelle dans les messes savantes - plusieurs sur L'homme arme, la Missa Sub tuum praesidium a voix multiples - et manie le canon avec une maitrise que ses contemporains jugeaient digne d'Ockeghem. Ses chansons francaises et neerlandaises, precieusement recopiees dans les somptueux manuscrits de Marguerite d'Autriche, montrent un autre visage, plus intime. La part d'ombre tient a sa posterite : longtemps eclipse par Josquin, La Rue a vu certaines de ses plus belles pages attribuees a d'autres - le celebre motet de deuil Absalon fili mi, qu'on lui donne aujourd'hui volontiers, a longtemps porte le nom de Josquin @@AVERIFIER. Sa gloire de son vivant contraste avec l'oubli relatif qui l'a suivi. Musicien préféré de Marguerite d'Autriche, il la suivit d'une cour à l'autre ; sa musique nous est en grande partie parvenue par les somptueux chansonniers enluminés qu'elle fit copier, véritables écrins d'un art de cour. @@AVERIFIER
Anecdote mémorable
Marguerite d'Autriche, princesse cultivee et endeuillee par plusieurs veuvages, avait fait de Pierre de La Rue son compositeur de predilection. Les magnifiques chansonniers enlumines commandes pour sa cour de Malines conservent nombre de ses oeuvres, parfois les seules sources qui nous restent - comme si le gout d'une femme de pouvoir avait sauve une part de sa musique. La tradition veut qu'elle ait particulierement aime ses pieces de deuil, en accord avec sa propre melancolie. @@AVERIFIER (role des manuscrits de Marguerite d'Autriche comme sources principales).
Influences reçues
Johannes Ockeghem ; ecole franco-flamande bourguignonne
Influences exercées
Musiciens de la chapelle des Habsbourg ; polyphonie sacree du Nord
Importance historique
On redecouvre La Rue avec emotion parce que sa musique a une couleur reconnaissable entre toutes : grave, dense, recueillie, faite pour la pierre des chapelles princieres. Il rappelle que la Renaissance du Nord n'a pas ete qu'italienne ou francaise, mais aussi bourguignonne et flamande, au coeur d'une cour cosmopolite. Ses oeuvres, conservees dans les plus beaux manuscrits enlumines du temps, sont un pont direct vers l'univers sonore de Marguerite d'Autriche.
Le courant : l’École franco-flamande
