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Portrait de Pierre Certon

Illustre

Pierre Certon

Compositeur

c.1510/20–1572·Compositeur·musique

Contributions & œuvres

Pierre Certon appartient à cette génération de musiciens parisiens qui, après Josquin et Mouton, ont donné à la chanson française sa forme classique. Nommé maître des enfants de chœur de la Sainte-Chapelle de Paris vers 1536, il y demeure jusqu'à sa mort en 1572, formant des générations de chantres au cœur même du pouvoir royal et spirituel. Son audace tient à son étendue : il passe sans effort du motet grave à la chanson gaillarde, du psaume au badinage. Sa pièce la plus célèbre, La la la je ne l'ose dire, raconte avec une malice délicieuse l'histoire d'un mari trompé ; le refrain sur syllabes la la la y devient un rire complice, un art de dire sans dire. À côté, il signe des motets, des messes et des psaumes, dont des mises en musique des vers de Clément Marot, pour la liturgie de la Sainte-Chapelle. Il maîtrise l'écriture à voix imitatives héritée de la chanson parisienne de Sermisy et Janequin, mais y ajoute une clarté rythmique et un sens du texte qui font mouche. Sa musique circule par l'imprimerie d'Attaingnant, puis de Le Roy et Ballard, ce qui assure sa diffusion dans toute l'Europe. On lui doit aussi une émouvante déploration sur la mort de Claudin de Sermisy, hommage d'un maître à un aîné. Sa part d'ombre est celle d'un homme dont on ignore presque tout : né sans doute à Melun vers 1510-1520, il n'a laissé ni portrait ni confidence, et sa longévité même à un seul poste peut se lire comme prudence autant que fidélité, un artiste qui préféra la sécurité d'une institution aux aventures des cours.

Anecdote mémorable

La tradition retient que La la la je ne l'ose dire fut si populaire qu'elle fut aussitôt reprise, arrangée pour luth, pour clavier, imitée et parodiée à travers l'Europe. Le procédé du refrain la la la, dire l'indicible en le noyant sous des syllabes, est un trait de génie comique : les chanteurs semblent hésiter, se retenir, puis lâcher l'aveu du mari cocu. Derrière la légèreté se cache une vraie finesse d'écriture, où le rire naît du décalage entre la retenue feinte de la musique et l'audace du propos. @@AVERIFIER l'ampleur exacte de cette diffusion.

Influences reçues

Josquin des Prez ; Jean Mouton ; Claudin de Sermisy ; Clément Janequin

Influences exercées

chanson parisienne ; polyphonie française du XVIe siècle ; répertoire choral de la Sainte-Chapelle

Importance historique

On s'attache à Certon parce qu'il incarne, à lui seul, la gamme complète d'une époque : le sacré et le rire, la ferveur et la gaudriole. Sa chanson Je ne l'ose dire reste, aujourd'hui encore, l'une des pièces Renaissance les plus chantées par les chœurs amateurs, preuve qu'un sourire de 1540 peut traverser cinq siècles intact. Écouter Certon, c'est entendre le Paris musical du XVIe siècle respirer, entre l'office solennel de la Sainte-Chapelle et la chanson qu'on fredonne le soir.

Œuvres (27)

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