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Portrait de Gregorio Allegri

Illustre

Gregorio Allegri

Compositeur

v. 1582–1652·Compositeur·musique

Contributions & œuvres

Gregorio Allegri (1582-1652) appartient déjà, par ses dates, à la charnière entre Renaissance finissante et premier baroque romain @@AVERIFIER (période tardive, à la limite du périmètre Renaissance). Prêtre catholique, chanteur (contralto) et compositeur de l'école romaine, il entre le 6 décembre 1629 dans le chœur de la chapelle Sixtine, qu'il servira jusqu'à sa mort. Son nom est resté attaché à une seule œuvre, mais parmi les plus célèbres de toute la musique sacrée : le Miserere mei, Deus, mise en musique polychorale du psaume 51 pour deux chœurs (à cinq et à quatre voix), destinée aux ténèbres de la Semaine sainte à la Sixtine. Son audace n'est pas dans la hardiesse d'écriture — l'œuvre descend de l'esthétique dépouillée de Palestrina — mais dans son aura. La papauté en fit un secret jalousement gardé, interdisant d'en copier ou d'en diffuser la partition sous peine d'excommunication, si bien que le Miserere ne se chantait qu'entre les murs de la chapelle. Cette mystique du secret, autant que la musique elle-même, fit sa gloire. Le reste de sa production — motets, messes, concerti, pièces instrumentales — épouse davantage le stile concertato du baroque naissant ; on lui a même attribué l'un des tout premiers quatuors à cordes @@AVERIFIER. La nuance : Allegri est le compositeur d'un seul chef-d'œuvre, dont la célébrité doit beaucoup à un interdit et à une part de légende, et dont la version que l'on chante aujourd'hui — avec son fameux contre-ut aigu — est en réalité un composite d'ornements et de retouches accumulés bien après lui @@AVERIFIER.

Anecdote mémorable

La tradition la plus fameuse veut qu'en 1770 le jeune Mozart, âgé de quatorze ans, ait entendu le Miserere à la Sixtine pendant la Semaine sainte et l'ait retranscrit de mémoire après une seule audition — voire deux —, brisant ainsi l'interdit pontifical. Le récit est trop beau pour être tout à fait exact : des copies circulaient déjà en Europe avant 1770, et Mozart avait peut-être entendu l'œuvre à Londres vers 1764-1765. Le prodige de mémoire reste plausible, mais il n'a pas été le premier à percer le secret. @@AVERIFIER (anecdote de tradition, à nuancer).

Influences reçues

École romaine ; Giovanni Pierluigi da Palestrina ; tradition polyphonique de la chapelle Sixtine

Influences exercées

Tradition du Miserere de la Sixtine ; réception européenne et romantique (W. A. Mozart, Felix Mendelssohn qui le transcrivit aussi) @@AVERIFIER

Importance historique

On s'attache à Allegri parce que son Miserere est devenu l'un des sommets émotionnels du répertoire sacré : ces longues plaintes suspendues, ces réponses en écho d'un chœur à l'autre, semblent faites pour la pénombre et le silence. Il incarne aussi le pouvoir du mystère : une œuvre d'autant plus désirée qu'elle était interdite, et dont la clandestinité a nourri l'imaginaire de toute l'Europe pendant deux siècles.

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