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Portrait de Paschal de L’Estocart

Illustre

Paschal de L’Estocart

Compositeur

c.1538–after 1584·Compositeur·musique

Contributions & œuvres

Paschal de L'Estocart (né à Noyon en 1538 ou 1539) est le grand audacieux du chant réformé français : là où Goudimel avait cherché la sobriété, lui ose l'intensité, la surprise harmonique, l'expressivité presque dramatique. Formé en France, passé par Lyon puis par l'Italie, où il s'imprègne du madrigal, il met cette science au service de la spiritualité huguenote. En 1581, il obtient d'Henri III un privilège pour publier ses œuvres, imprimées à Genève par Jean de Laon et exclusivement religieuses. En quelques années paraît un ensemble remarquable : les 150 Pseaumes de David (1583) à quatre, cinq, six, sept et huit voix ; les 126 Quatrains du sieur de Pibrac (1582) ; les Sacrae Cantiones ; et surtout les Octonaires de la vanité et inconstance du monde (1582), méditations sur la fuite du temps où sa harmonie hardie, ses dissonances expressives, ses chromatismes font vibrer le texte comme rarement dans le répertoire protestant. Son audace est celle d'un coloriste : il refuse la neutralité pieuse et cherche l'émotion, la couleur, le frisson. Dans son entourage genevois, il travaille avec le pasteur et homme de lettres Simon Goulart. La nuance est celle de l'oubli : malgré ce feu, L'Estocart n'occupa jamais de grand poste, ne sembla vivre que d'une brève éclosion éditoriale au début des années 1580, puis disparaît des sources ; on perd sa trace après 1587, sans savoir où ni quand il mourut. Un météore, brillant et vite éteint. Ses « Octonaires de la vanité et inconstance du monde » (1582), sur les poèmes d'Antoine de La Roche-Chandieu, poussent l'expression du texte jusqu'à des audaces harmoniques rares chez les compositeurs huguenots, avant qu'il ne disparaisse des radars de l'histoire. @@AVERIFIER

Anecdote mémorable

En 1584, L'Estocart remporta la « harpe d'argent » au Puy de musique d'Évreux — concours annuel où s'affrontaient les meilleurs compositeurs du royaume — pour son motet Ecce quam bonum et quam jucundum. La distinction, décernée devant ses pairs, dit la reconnaissance dont il jouissait de son vivant, contraste saisissant avec l'oubli quasi total qui suivit, jusqu'à sa redécouverte moderne. @@AVERIFIER : attribution du prix d'Évreux 1584 pour Ecce quam bonum.

Influences reçues

Claude Goudimel et la psalmodie huguenote ; madrigal italien ; Roland de Lassus

Influences exercées

Polyphonie expressive du psaume protestant ; répertoire redécouvert des Octonaires

Importance historique

L'Estocart est attachant parce qu'il prouve que la musique réformée, souvent perçue comme austère, sut aussi être ardente et bouleversante. Ses Octonaires, redécouverts par les ensembles spécialisés, séduisent les auditeurs d'aujourd'hui par leur modernité expressive et leur mélancolie. Il compte comme le compositeur qui a osé la beauté sensible au cœur d'une confession méfiante envers l'ornement — la preuve qu'austérité et émotion pouvaient coexister.

Œuvres (4)

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