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Portrait de Jacques Arcadelt

Illustre

Jacques Arcadelt

Compositeur

c.1507–1568·Compositeur·musique

Contributions & œuvres

Jacques Arcadelt est le pont vivant entre deux mondes : la France qui l'a formé et l'Italie qui l'a rendu immortel. Né vers 1507, sans doute à Namur, ce Franco-Flamand fait carrière d'abord en Italie, où il devient l'un des tout premiers grands maîtres du madrigal, ce genre profane et raffiné qui enflamme les cours de la péninsule. Son Premier Livre de madrigaux, publié à Venise dans les années 1530, sera le recueil de madrigaux le plus réimprimé de tout le siècle — un succès de librairie sans équivalent. Et parmi ces pages, une pièce éclipse toutes les autres : Il bianco e dolce cigno, « le blanc et doux cygne ». En quelques mesures d'une simplicité parfaite, Arcadelt fait du chant du cygne mourant la métaphore du plaisir amoureux, jouant sur l'ambiguïté douce-amère entre la mort et l'extase. Ce madrigal est peut-être le plus célèbre de toute la Renaissance, chanté et rechanté depuis cinq siècles. Dans les années 1540, Arcadelt sert à Rome dans la chapelle pontificale, au cœur de la vie musicale la plus prestigieuse de la chrétienté. Puis il rentre en France, au service du cardinal de Lorraine, et se remet à la chanson française — Margot labourez les vignes, Quand je bois du vin clairet — retrouvant la verve gauloise après le raffinement italien. Sa nuance est celle d'un homme sans terre fixe : cosmopolite jusqu'au bout, jamais tout à fait italien ni tout à fait français, sa gloire immense repose paradoxalement sur une poignée de pièces, quand l'essentiel de son abondante production sacrée est aujourd'hui presque oublié.

Anecdote mémorable

Les vers d'Il bianco e dolce cigno cachent un jeu que le public de la Renaissance savourait pleinement : le poème compare la mort du poète à celle du cygne, mais la « mort » dont il parle — « e io morendo » — est en réalité, dans le langage galant de l'époque, la petite mort du plaisir amoureux. Là où le cygne meurt en pleurant, l'amant, lui, meurt « mille morts par jour » de bonheur. Arcadelt épouse cette équivoque avec une innocence mélodique qui la rend plus troublante encore.

Influences reçues

École franco-flamande ; premiers madrigalistes italiens ; Philippe Verdelot ; Costanzo Festa

Influences exercées

Madrigal italien ; chanson parisienne ; générations de madrigalistes du XVIe siècle

Importance historique

Arcadelt compte parce qu'il a donné au madrigal naissant son premier chef-d'œuvre populaire et fixé, avec Il bianco e dolce cigno, ce que le mot madrigal évoque encore : la fusion parfaite d'un poème et d'une mélodie, l'émotion tenue dans la clarté. Il incarne la circulation des artistes entre France et Italie qui fait la sève de la Renaissance. On s'attache à lui pour cette double appartenance, et pour ce cygne dont le chant, cinq siècles plus tard, n'a rien perdu de sa douceur.

Le courant : l’École franco-flamande

Œuvres (5)

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