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« And to avoide the tediouse repetition of these woordes : is equalle to : I will sette as I doe often in woorke use, a paire of paralleles, or Gemowe lines of one lengthe, thus: =, bicause noe .2. thynges, can be moare equalle. »
Contributions & œuvres
Né à Tenby, dans le sud du Pays de Galles, formé à Oxford puis à Cambridge en médecine, Robert Recorde accomplit une révolution discrète mais décisive : il écrivit les mathématiques en anglais, à une époque où le savoir se transmettait en latin. Sa série de manuels, conçus comme des dialogues entre un maître et son élève, rendit l'arithmétique, la géométrie et l'astronomie accessibles aux marchands, aux artisans et aux marins. « The Grounde of Artes » (1543) enseigne le calcul ; « The Pathway to Knowledg » (1551) donne la première géométrie euclidienne en anglais ; « The Castle of Knowledge » (1556) expose l'astronomie et présente avec faveur le système de Copernic ; enfin « The Whetstone of Witte » (1557) introduit l'algèbre et, avec elle, deux innovations durables : les signes « plus » et « moins » auprès du public anglais, et surtout l'invention du signe égal « = », qu'il dessine sous la forme de deux traits parallèles, « car deux choses ne peuvent être plus égales ».
Anecdote mémorable
C'est dans les dernières pages de son traité d'algèbre, « The Whetstone of Witte » (1557), que Recorde accomplit son geste le plus durable. Lassé, écrit-il, de répéter sans cesse les mots « est égal à », il décide de les remplacer par un symbole : une paire de lignes parallèles de même longueur, « car deux choses ne peuvent être plus égales » que deux droites jumelles. Ainsi naquit, presque par commodité d'écriture, le signe « = » que le monde entier emploie aujourd'hui. L'homme mourut ruiné en prison l'année suivante, ignorant qu'il venait d'offrir à l'humanité l'un de ses symboles les plus universels.
Influences reçues
Recorde s'abreuva de l'humanisme mathématique de la Renaissance et des grands textes antiques, Euclide au premier chef, qu'il entreprit de transmettre en langue vulgaire. Les débats cosmologiques de son temps et la lecture récente de Copernic nourrirent son astronomie ; la tradition pédagogique du dialogue lui fournit sa forme.
Influences exercées
Ses manuels formèrent des générations d'Anglais au calcul et furent réédités pendant plus d'un siècle ; il donna à la langue anglaise son vocabulaire mathématique. Son invention du signe « = » s'imposa universellement. En diffusant la géométrie euclidienne et le système de Copernic en anglais, il prépara le terrain de la science anglaise du XVIIᵉ siècle.
Importance historique
Recorde est le père des mathématiques anglaises et l'un des grands vulgarisateurs scientifiques de toute la Renaissance. Son audace fut linguistique et démocratique : en choisissant l'anglais contre le latin des doctes, il arracha le calcul au cercle des clercs pour le mettre entre les mains de ceux qui en avaient un usage concret, commerçants et navigateurs d'un royaume en pleine expansion maritime. Sa forme dialoguée, vivante et pédagogique, fit de ses livres des succès de librairie réédités pendant plus d'un siècle, formant des générations d'Anglais au nombre. Son invention du signe « = » est l'une de ces trouvailles minuscules qui changent le visage d'une discipline : adopté dans le monde entier, ce symbole est aujourd'hui l'un des plus universels de la pensée humaine, et il est né de la plume d'un Gallois. Recorde osa aussi, dans un pays encore prudent, faire l'éloge de Copernic. Mais sa vie s'acheva dans le malheur : engagé dans l'administration des mines et des monnaies royales, il se brouilla avec un puissant personnage, le comte de Pembroke, fut poursuivi, condamné pour dette et mourut en prison, à la King's Bench, vers juin 1558. Le fondateur des mathématiques anglaises finit ruiné, victime des querelles de pouvoir autant que de son propre caractère intransigeant.
