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Double page d'un chansonnier enluminé du XVe siècle, notation carrée, initiale ornée aux armes des Médicis.

« Palle, palle », motet à quatre voix de Heinrich Isaac — chansonnier enluminé, Florence, années 1480. La banderole porte son nom, « H · ISACH », et l'initiale les boules des Médicis, ses employeurs.

Illustre

Heinrich Isaac

Compositeur

1450-1517·Compositeur·musique

Contributions & œuvres

Heinrich Isaac est le plus cosmopolite des Franco-Flamands, l'homme qui fit tenir dans une même vie la Florence des Médicis et la cour impériale des Habsbourg. Né vers 1450 dans les anciens Pays-Bas — en Flandre ou en Brabant @@AVERIFIER —, il se forme au Nord, puis, en 1484, Laurent le Magnifique l'appelle à Florence, séduit par sa réputation. Isaac y devient le musicien des Médicis : il met en musique les chants de carnaval de Laurent (aujourd'hui perdus), enseigne à ses enfants, épouse une Florentine et fait de la ville sa patrie de cœur. La chute des Médicis en 1494 le jette sur les routes ; il entre au service de l'empereur Maximilien Iᵉʳ, dont il devient le compositeur de cour en 1497, partageant sa vie entre Vienne, Innsbruck, Constance et l'Italie. Cette double appartenance fait son originalité : Isaac écrit avec une aisance égale la messe latine, le lied allemand, la frottola italienne et la chanson française. Son immense Choralis Constantinus, cycle de propres de messe commandé par Constance, est un monument ; son lied Innsbruck, ich muss dich lassen est devenu l'une des mélodies les plus aimées de la Renaissance, survivant jusque dans le choral luthérien. Isaac fut aussi un pionnier du quodlibet, ces assemblages malicieux de mélodies populaires, et sa production, énorme, embrasse tous les genres de son siècle. La nuance : cette facilité universelle lui a parfois coûté la profondeur — on a vu en lui un caméléon génial plus qu'un novateur, moins tourmenté et moins imité que Josquin, son exact contemporain. Mais nul n'a mieux incarné l'Europe musicale ramassée en un seul homme.

Anecdote mémorable

En 1502, la cour d'Este cherchait un maître de chapelle et hésitait entre Isaac et Josquin. Un agent du duc écrivit un rapport resté fameux : Isaac, disait-il, est d'un meilleur caractère et compose plus vite, tandis que Josquin est meilleur mais n'écrit que quand il le veut, et se fait payer bien davantage. Le duc choisit Josquin. Isaac, lui, resta l'homme des Médicis puis des Habsbourg — et son Innsbruck, ich muss dich lassen, adieu chanté à une ville, lui survécut mieux qu'aucun contrat de cour. @@AVERIFIER

Influences reçues

Johannes Ockeghem ; Antoine Busnois ; Jacob Obrecht ; école franco-flamande

Influences exercées

Ludwig Senfl ; école allemande ; choral luthérien ; frottola italienne

Importance historique

Isaac compte parce qu'il est la preuve vivante que la Renaissance n'est pas une somme de nations mais un réseau : un Flamand pouvait être à la fois florentin et impérial. Il relie en une seule carrière l'Italie des Médicis, l'Allemagne des Habsbourg et la Flandre d'origine. Son élève Ludwig Senfl transmit son art au monde germanique. On s'attache à cet homme sans frontières, dont une mélodie d'adieu à Innsbruck émeut encore aujourd'hui.

Le courant : l’École franco-flamande

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