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Miniature médiévale : Guillaume Du Fay à gauche près d'un orgue portatif, Gilles Binchois à droite avec une harpe.

Guillaume Du Fay, à gauche près de l'orgue portatif, avec Gilles Binchois — miniature du « Champion des Dames » de Martin le Franc, vers 1440

Illustre

Guillaume Dufay

Compositeur

1397-1474·Compositeur·musique

Contributions & œuvres

Guillaume Dufay est l'homme par qui la Renaissance musicale commence. Né vers 1397 aux environs de Bruxelles — à Beersel, dit-on @@AVERIFIER —, fils naturel d'un prêtre et d'une certaine Marie Du Fayt, il grandit à Cambrai, où l'enfant de chœur devient l'un des esprits les plus cultivés de son siècle. De Cambrai, il part très jeune pour l'Italie : Rimini et Pesaro chez les Malatesta, Bologne, puis la chapelle pontificale de Rome de 1428 à 1433, avant la cour de Savoie et le retour définitif à Cambrai. Cette trajectoire dessine déjà la Renaissance à venir : un homme du Nord qui va se former au soleil italien et rapporte une synthèse. Car Dufay réconcilie deux mondes. À la rigueur du contrepoint franco-flamand, il ajoute la douceur des tierces et des sixtes venue d'Angleterre — la contenance angloise de Dunstable — et la clarté mélodique italienne. Le résultat : une musique enfin lisible, chantante, humaine. Sa messe Se la face ay pale fonde toute une architecture sur une chanson profane ; son motet Nuper rosarum flores, composé en 1436 pour la consécration de la coupole de Brunelleschi à Florence, épouse par ses proportions l'événement même qu'il célèbre. Ses Missa L'homme armé, son Ave regina caelorum, ses ballades et rondeaux fixent le langage que trois générations vont prolonger. La part d'ombre est celle de tous les fondateurs : Dufay reste à cheval sur le Moyen Âge, encore attaché à l'isorythmie médiévale dans ses motets d'apparat, et sa gloire immense de son vivant s'est ensuite effacée derrière ses héritiers Ockeghem et Josquin — au point qu'il fallut le XIXᵉ siècle pour le redécouvrir.

Anecdote mémorable

Le 25 mars 1436, sous la coupole que Brunelleschi vient d'achever à Florence, on chante le Nuper rosarum flores de Dufay pour la consécration de Santa Maria del Fiore. La tradition musicologique a longtemps voulu que les proportions du motet reproduisent celles de la cathédrale, faisant de la partition une architecture sonore ; des travaux plus récents y voient plutôt l'écho des proportions du Temple de Salomon @@AVERIFIER. Vraie ou reconstruite, l'image dit l'essentiel : ce jour-là, un musicien du Nord signait en sons le plus grand chantier de la Renaissance italienne.

Influences reçues

John Dunstable (contenance angloise) ; Gilles Binchois ; ars nova (Guillaume de Machaut) ; école bourguignonne

Influences exercées

Johannes Ockeghem ; Antoine Busnois ; Gilles Binchois ; école franco-flamande ; école bourguignonne

Importance historique

On revient à Dufay parce qu'il est le premier grand compositeur au sens moderne : un homme dont on connaît le nom, l'ambition, la volonté de style. Il ouvre la chaîne que raconte la Route des polyphonistes — Dufay, puis Ockeghem, puis Josquin — et donne à l'école franco-flamande son acte de naissance. Sans lui, pas de contrepoint devenu langage international, pas de ce va-et-vient entre le Nord et l'Italie qui est le cœur même de la Renaissance musicale. Redécouvert tardivement, il est aujourd'hui l'un des compositeurs anciens les plus aimés des ensembles vocaux.

Le courant : l’École franco-flamande

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