Contexte économique, social et religieux
À voir : levez les yeux sur la face est (côté rue) du plus vaste portail de Cambridge. Dans sa niche trône Henri VIII, fondateur du collège, statue taillée en 1615 par William Cure le Jeune ; sous ses pieds se déploie un tapis héraldique — les armes d'Édouard III et de ses fils, blasons peints et sculptés qui font de la porte un arbre dynastique de pierre. Contournez sous la voûte : la face intérieure, tournée vers la Grande Cour, aligne trois statues en niche — Jacques Iᵉʳ, Anne de Danemark et le jeune prince Charles — toutes de la main de Cure, la même année 1615. Ici la sculpture n'orne pas le bâtiment : elle le gouverne, transformant un simple passage en manifeste du pouvoir royal.
Le saviez-vous ?
Le sceptre d'Henri VIII a disparu : à sa place, le roi brandit depuis longtemps un pied de chaise en bois. La légende accuse un étudiant farceur du XIXᵉ siècle ; la réalité pointe plutôt un laveur de carreaux qui, faute de l'orbe et de l'épée d'origine, arma la statue de ce bâton dérisoire. La blague est restée : le roi le plus redouté d'Angleterre menace éternellement les passants d'un meuble.



