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Entrée de François Ier dans Paris (fragment de tapisserie)

Tapisserie

Entrée de François Ier dans Paris (fragment de tapisserie)

Ateliers flamands (Bruxelles), d'après cartons de l'école de Fontainebleau

v. 1545–1550·Tapisserie — laine, soie, fils d'or·Musée du Louvre — Sculptures et Arts décoratifs Renaissance

Devant l'œuvre

Les entrées royales étaient les cérémonies les plus spectaculaires de la Renaissance française : pour chaque entrée dans une grande ville, on construisait des arcs de triomphe éphémères, on rédigeait des discours humanistes, on organisait des cortèges allégoriques, on chantait et on déclamait. Les meilleures entrées étaient ensuite commémorées en tapisserie — un double des festivités qui survivrait aux festivités elles-mêmes. Cette tapisserie représente François Ier entrant à Paris — probablement pour l'entrée de 1549 d'Henri II, mais avec des images composites qui mélangent les règnes.

Symbolisme & lecture iconographique

L'entrée royale est une théophanie civique : le roi apparaît dans la ville comme un dieu dans son temple. Les arcs de triomphe sont des portes de l'Olympe. Le peuple qui acclame est le chœur de la tragédie antique. Tout le vocabulaire de l'entrée royale est théâtral et sacré simultanément.

Analyse des émotions

Ces tapisseries d'entrée royale créent une émotion de grandeur collective — la ville entière en fête, le peuple mêlé aux nobles, la musique, les couleurs, la foule. C'est la Renaissance au sens le plus littéral : un renouveau de l'antique triomphe romain, réinterprété pour la monarchie française.

Secrets & mystères

Les entrées royales étaient des mises en scène politiques méticuleusement orchestrées. Les thèmes allégoriques choisis pour les arcs de triomphe (Hercule, Mars, Minerve — toujours les mêmes dieux) n'étaient pas anodins : ils désignaient les vertus que les villes réclamaient du roi ou que le roi voulait afficher. L'humaniste qui rédigeait le programme de l'entrée était souvent un poète ou un juriste — les entrées royales étaient de la haute politique déguisée en fête.

Le saviez-vous ?

L'entrée d'Henri II à Paris en juin 1549 fut organisée en partie par Jean Goujon, qui dessina les décors sculptés, et par Jean Martin, traducteur de Vitruve, qui rédigea les inscriptions latines. C'est cette même entrée pour laquelle Goujon sculpta les premières nymphes de la Fontaine des Innocents. Un mois de fêtes, de spectacles, de discours — une ville entière transformée en théâtre de la gloire royale.

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