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Façade de l'Hôtel Carnavalet, Jean Goujon

✦ Sculpture ✦

Façade de l'Hôtel Carnavalet

Jean Goujon

v.1545-1548·Renaissance française·Pierre calcaire·Musée Carnavalet · Paris

Devant l'œuvre

Trois clés. 1. Les Saisons : faites lire les reliefs allégoriques, l'Antiquité appliquée à une maison. 2. Goujon et son atelier : signalez que l'attribution, stylistique, n'est pas documentée. 3. Les deux vies du lieu : racontez Madame de Sévigné et le musée Carnavalet d'aujourd'hui. À emporter : « la Renaissance entre dans la maison parisienne. »

Éléments remarquables

Quatre saisons en médaillons. Trophées militaires et scientifiques. Mascarons fantastiques. Lions. Rinceaux d'acanthe. Chaque élément décoratif est d'une finesse d'exécution exceptionnelle. Programme iconographique humaniste complet.

Signification historique et artistique

L'Hôtel Carnavalet est le premier grand hôtel particulier Renaissance de Paris, et son décor sculpté par Goujon est le modèle de l'architecture civile parisienne du XVIe siècle — imité dans des dizaines d'hôtels particuliers parisiens jusqu'au XVIIIe siècle.

Contexte économique, social et religieux

Jean Goujon réalise le programme sculptural de la façade de l'Hôtel Carnavalet (construit par Pierre Lescot) — l'un des premiers hôtels particuliers Renaissance de Paris. Les trophées, mascarons, médaillons et allégories de la façade illustrent la diffusion du vocabulaire humaniste dans l'architecture civile parisienne.

Symbolisme & lecture iconographique

Sur la cour de l'un des premiers grands hôtels Renaissance de Paris, la sculpture met en scène les Saisons et les figures allégoriques du temps qui passe. Appliquer le vocabulaire antique — dieux, saisons, guirlandes — à une demeure privée, et non plus à une église ou à un palais royal, est une nouveauté : le grand bourgeois ou le noble parisien s'offre désormais un décor à la mesure des princes. La façade dit l'entrée de la Renaissance dans la ville, à l'échelle de l'hôtel particulier.

Analyse des émotions

L'émotion est celle d'une grâce domestique. Pas de solennité écrasante : les Saisons, les guirlandes, les figures souples apportent à une cour de pierre une élégance vivante, presque riante. On ressent le plaisir d'un art qui descend du sacré vers le quotidien raffiné — la beauté antique invitée à habiter chez soi.

Secrets & mystères

Le premier secret est celui de la main : les reliefs sont attribués à Jean Goujon et à son atelier, sans certitude documentaire — l'attribution repose sur le style, comme souvent pour lui. Le second est celui du bâtiment : l'hôtel a été profondément remanié plus tard (notamment par Mansart au XVIIe siècle), si bien que la façade Renaissance qu'on admire a été déplacée et recomposée au fil des siècles. Enfin, le lieu a une seconde vie célèbre : il devint la demeure de Madame de Sévigné, puis le musée Carnavalet, musée de l'histoire de Paris.

Le saviez-vous ?

L'hôtel où Jean Goujon aurait sculpté les Saisons devint, un siècle plus tard, la demeure de Madame de Sévigné, qui y écrivit une partie de ses fameuses Lettres. Il abrite aujourd'hui le musée Carnavalet, dédié à l'histoire de Paris : les reliefs Renaissance veillent toujours sur sa cour, témoins d'un hôtel qui a traversé quatre siècles de vie parisienne.

Sources

  1. 1.Musée Carnavalet — Histoire de Paris
  2. 2.Ministère de la Culture — Plateforme Ouverte du Patrimoine (POP)

Commanditaire

Jean Ligneris, président au Parlement

Le sculpteur

Jean Goujon

Jean Goujon

v.1510–v.1565

Sculpteur

Avec Germain Pilon, Jean Goujon est le plus grand sculpteur de la Renaissance française, maître d'une grâce et d'une légèreté sans égales. Au service d'Henri II, il invente un style où le relief se fait musique. Son chef-d'œuvre absolu est l'ensemble des **Nymphes de la Fontaine des Innocents** (1547), bas-reliefs d'une finesse aérienne où l'eau semble couler dans le marbre. Il taille les premières **Cariatides** monumentales de France pour la grande salle du Louvre, la **Diane chasseresse** dite Diane d'Anet, et tout un programme de **bas-reliefs pour la façade du Louvre** de Pierre Lescot. ![Nymphes de la Fontaine des Innocents](/media/place-photos/optimized/sculpture/nymphes-de-la-fontaine-des-innocents-jean-goujon-renaissance-francaise-marbre-blanc-1547-p545-688.webp) ![Cariatides du Louvre](/media/place-photos/optimized/sculpture/cariatides-de-la-salle-des-caryatides-du-louvre-jean-goujon-renaissance-francaise-pierre-de-taille-calcaire-1550-800.webp) ![Diane chasseresse (Diane d'Anet)](/media/place-photos/optimized/sculpture/diane-chasseresse-diane-d-anet-jean-goujon-renaissance-francaise-marbre-blanc-1549-800.webp) ![Bas-reliefs de la façade du Louvre](/media/place-photos/optimized/sculpture/bas-reliefs-de-la-facade-du-louvre-henri-ii-jean-goujon-renaissance-francaise-pierre-de-taille-calcaire-1546-800.webp) La nuance : protestant, Goujon disparaît des archives après 1562, probablement emporté par les guerres de Religion — on ignore jusqu'au lieu et à la date de sa mort.

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