À voir
À Smithfield, dans la City, St Bartholomew the Great est l'une des plus anciennes églises de Londres. Ancienne église prieurale des chanoines augustins, elle porte dans sa pierre à la fois la marque de la Renaissance Tudor et les cicatrices de la Réforme : son histoire est celle d'un grand monastère médiéval brisé, dont ne subsiste que le noyau roman.
La fenêtre du prieur Bolton
Sous les derniers prieurs, l'église connut les raffinements de la Renaissance naissante. Le prieur William Bolton (1505-1532), homme de confiance employé par Henri VII et Henri VIII sur des chantiers royaux, fit insérer dans le chœur une élégante fenêtre en oriel — une loge d'où il pouvait suivre les offices. Il y fit graver son rébus : une flèche (« bolt ») fichée dans un tonneau (« tun »), soit « Bolt-tun », Bolton. Cette signature spirituelle, typique de l'esprit visuel de l'époque, orne encore la fenêtre donnant sur le chœur roman.
La brisure de la Réforme
En 1539, la Dissolution des monastères frappa le prieuré : dissous sous le dernier prieur Robert Fuller, il vit sa nef démolie, ne laissant subsister que le chœur roman fondé par Rahere au XIIᵉ siècle. Sous Marie Iʳᵉ, l'église fut brièvement rétablie comme prieuré dominicain (1556), avant d'être définitivement rendue à la Couronne sous Élisabeth Iʳᵉ, le 13 juillet 1559. Tout près, à Smithfield, brûlèrent des martyrs protestants sous Marie : l'église fut le témoin muet de ces bûchers. À voir : la fenêtre en oriel de Bolton et son rébus, le chœur roman, le tombeau du fondateur Rahere et le porche Tudor.
Le saviez-vous ?
Le prieur William Bolton signa sa fenêtre par un jeu d'images plutôt que par son nom : un carreau d'arbalète (a bolt) traversant un tonneau (a tun) se lit « Bolt-tun » — Bolton. Cette énigme sculptée, vieille de cinq siècles, se déchiffre encore aujourd'hui au-dessus du chœur.
Infos / repères
St Bartholomew the Great se situe à West Smithfield, City of London ; église paroissiale en activité, ouverte à la visite (droit d'entrée possible). Proche du site des bûchers de Smithfield.
Quiz
- Que représente le rébus du prieur Bolton ?
- Une flèche (« bolt ») dans un tonneau (« tun »)
- Un lion couronné
- Une rose Tudor
- Que subit le prieuré en 1539 ?
- Sa dissolution (nef démolie)
- Son agrandissement
- Un couronnement
- Que subsiste-t-il de l'église médiévale ?
- Le chœur roman (fondé par Rahere)
- La flèche gothique
- Le cloître intact
Histoire
À Smithfield, dans la City, St Bartholomew the Great est l'une des plus anciennes églises de Londres. Ancienne église prieurale des chanoines augustins, elle porte dans sa pierre à la fois la marque de la Renaissance Tudor et les cicatrices de la Réforme : son histoire est celle d'un grand monastère médiéval brisé, dont ne subsiste que le noyau roman.
La fenêtre du prieur Bolton
Sous les derniers prieurs, l'église connut les raffinements de la Renaissance naissante. Le prieur William Bolton (1505-1532), homme de confiance employé par Henri VII et Henri VIII sur des chantiers royaux, fit insérer dans le chœur une élégante fenêtre en oriel — une loge d'où il pouvait suivre les offices. Il y fit graver son rébus : une flèche (« bolt ») fichée dans un tonneau (« tun »), soit « Bolt-tun », Bolton. Cette signature spirituelle, typique de l'esprit visuel de l'époque, orne encore la fenêtre donnant sur le chœur roman.
La brisure de la Réforme
En 1539, la Dissolution des monastères frappa le prieuré : dissous sous le dernier prieur Robert Fuller, il vit sa nef démolie, ne laissant subsister que le chœur roman fondé par Rahere au XIIᵉ siècle. Sous Marie Iʳᵉ, l'église fut brièvement rétablie comme prieuré dominicain (1556), avant d'être définitivement rendue à la Couronne sous Élisabeth Iʳᵉ, le 13 juillet 1559. Tout près, à Smithfield, brûlèrent des martyrs protestants sous Marie : l'église fut le témoin muet de ces bûchers. À voir : la fenêtre en oriel de Bolton et son rébus, le chœur roman, le tombeau du fondateur Rahere et le porche Tudor.
Contes, légendes & anecdotes
Le prieur William Bolton signa sa fenêtre par un jeu d'images plutôt que par son nom : un carreau d'arbalète (a bolt) traversant un tonneau (a tun) se lit « Bolt-tun » — Bolton. Cette énigme sculptée, vieille de cinq siècles, se déchiffre encore aujourd'hui au-dessus du chœur.
Sources
- 1.Wikipédia (en) — St Bartholomew-the-Great
- 2.Historic England 1180873
- 3.Wikidata Q1093271
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Fiche mise à jour le 26 septembre 2026







