À voir
Au cœur du village préservé de Lacock, dans le Wiltshire, l'abbaye du même nom offre l'un des plus parfaits exemples d'un couvent transformé en demeure après la Réforme. Ses cloîtres médiévaux, restés intacts au rez-de-chaussée, supportent une maison Tudor bâtie sur leurs voûtes : le passage d'un monde à l'autre s'y lit d'un seul regard.
De l'abbaye de moniales à la demeure
Fondée au XIIIᵉ siècle, Lacock était une abbaye de chanoinesses augustines, prospère et paisible. La dissolution des monastères y mit fin en 1539 : le couvent fut vendu à William Sharington, courtisan et fonctionnaire de la Monnaie royale (plus tard compromis dans une affaire de fausse monnaie). Plutôt que de raser les bâtiments, Sharington fit une chose alors nouvelle : il conserva le cloître et les salles gothiques du rez-de-chaussée, et bâtit au-dessus une demeure Tudor confortable, ajoutant une élégante tour octogonale de style Renaissance. Lacock devient ainsi un manifeste du recyclage architectural : la maison neuve pousse littéralement sur les racines de l'ancienne foi.
Un livre d'architecture à ciel ouvert
Parcourir Lacock, c'est lire, superposées, plusieurs époques : les cloîtres médiévaux aux voûtes intactes, la salle capitulaire, la sacristie, puis, à l'étage, les pièces Tudor et leurs cheminées Renaissance ornées de motifs à l'antique. La tour de Sharington, avec sa table de pierre octogonale sculptée, est l'un des premiers exemples d'ornement Renaissance dans une demeure anglaise. Bien plus tard, Lacock connut une seconde gloire : c'est là qu'au XIXᵉ siècle William Henry Fox Talbot réalisa l'un des tout premiers négatifs photographiques de l'histoire. Mais son cœur reste ce mariage saisissant du cloître gothique et de la maison Tudor.
Ce qu'il faut voir
- Les cloîtres médiévaux intacts, au rez-de-chaussée de la demeure.
- La tour octogonale de Sharington et son décor Renaissance.
- Les pièces Tudor bâties sur les voûtes de l'abbaye.
- Le village de Lacock, préservé, autour de l'abbaye.
Le saviez-vous ?
William Sharington, l'homme qui transforma Lacock, faillit tout perdre : trésorier de la Monnaie de Bristol, il fut convaincu d'avoir frappé de la fausse monnaie pour financer un complot, et condamné. Il échappa de justesse à l'exécution, obtint son pardon et récupéra Lacock — qu'il continua d'embellir. La belle demeure Renaissance née du cloître fut ainsi, en partie, payée d'argent frauduleux : sous l'élégance des pierres, une histoire de faux-monnayeur.
Infos pratiques
Lacock Abbey se situe dans le village de Lacock, dans le Wiltshire, au sud-ouest de l'Angleterre. C'est aujourd'hui un site géré par le National Trust (abbaye, cloîtres et musée de la photographie Fox Talbot). Les horaires et jours d'ouverture sont susceptibles de varier ; il convient de les vérifier auprès des sources officielles avant toute visite.
Quiz
- Que conserva William Sharington en transformant Lacock ?
- Les cloîtres médiévaux, sous la maison Tudor
- Les remparts d'un château
- Un théâtre romain
- Que devint l'abbaye après la Dissolution ?
- Une demeure Tudor bâtie sur le cloître
- Une cathédrale
- Une caserne
- Quelle invention plus tardive est liée à Lacock ?
- Les débuts de la photographie (Fox Talbot)
- L'imprimerie
- Le télégraphe
Histoire
Au cœur du village préservé de Lacock, dans le Wiltshire, l'abbaye du même nom offre l'un des plus parfaits exemples d'un couvent transformé en demeure après la Réforme. Ses cloîtres médiévaux, restés intacts au rez-de-chaussée, supportent une maison Tudor bâtie sur leurs voûtes : le passage d'un monde à l'autre s'y lit d'un seul regard.
De l'abbaye de moniales à la demeure
Fondée au XIIIᵉ siècle, Lacock était une abbaye de chanoinesses augustines, prospère et paisible. La dissolution des monastères y mit fin en 1539 : le couvent fut vendu à William Sharington, courtisan et fonctionnaire de la Monnaie royale (plus tard compromis dans une affaire de fausse monnaie). Plutôt que de raser les bâtiments, Sharington fit une chose alors nouvelle : il conserva le cloître et les salles gothiques du rez-de-chaussée, et bâtit au-dessus une demeure Tudor confortable, ajoutant une élégante tour octogonale de style Renaissance. Lacock devient ainsi un manifeste du recyclage architectural : la maison neuve pousse littéralement sur les racines de l'ancienne foi.
Un livre d'architecture à ciel ouvert
Parcourir Lacock, c'est lire, superposées, plusieurs époques : les cloîtres médiévaux aux voûtes intactes, la salle capitulaire, la sacristie, puis, à l'étage, les pièces Tudor et leurs cheminées Renaissance ornées de motifs à l'antique. La tour de Sharington, avec sa table de pierre octogonale sculptée, est l'un des premiers exemples d'ornement Renaissance dans une demeure anglaise. Bien plus tard, Lacock connut une seconde gloire : c'est là qu'au XIXᵉ siècle William Henry Fox Talbot réalisa l'un des tout premiers négatifs photographiques de l'histoire. Mais son cœur reste ce mariage saisissant du cloître gothique et de la maison Tudor.
Ce qu'il faut voir
- Les cloîtres médiévaux intacts, au rez-de-chaussée de la demeure.
- La tour octogonale de Sharington et son décor Renaissance.
- Les pièces Tudor bâties sur les voûtes de l'abbaye.
- Le village de Lacock, préservé, autour de l'abbaye.
Contes, légendes & anecdotes
William Sharington, l'homme qui transforma Lacock, faillit tout perdre : trésorier de la Monnaie de Bristol, il fut convaincu d'avoir frappé de la fausse monnaie pour financer un complot, et condamné. Il échappa de justesse à l'exécution, obtint son pardon et récupéra Lacock — qu'il continua d'embellir. La belle demeure Renaissance née du cloître fut ainsi, en partie, payée d'argent frauduleux : sous l'élégance des pierres, une histoire de faux-monnayeur.
Sources
- 1.Wikipédia (en) — Lacock Abbey
- 2.Historic England 1283853
- 3.Wikidata Q1148460
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Fiche mise à jour le 25 septembre 2026



