✦ Illustre ✦
Giulio de' Medici, dit Clément VII
Pape de 1523 à 1534, commanditaire de la Sacristie neuve et de la Laurentienne
Contributions & œuvres
Fils posthume de Julien de Médicis, tué dans la conjuration des Pazzi, Giulio grandit à l'ombre du malheur et gravit pourtant les marches jusqu'à la tiare. Devenu Clément VII en 1523, cousin de Léon X, il fait de son pontificat, malgré des temps désastreux, l'un des grands foyers de commande de la Renaissance. Son coup d'audace le plus durable, il le doit à Michel-Ange : à Florence, il lui confie la Sacristie neuve de San Lorenzo, où l'artiste sculpte les tombeaux des Médicis et les allégories de l'Aurore, du Crépuscule, du Jour et de la Nuit. Il lui commande aussi la Bibliothèque laurentienne, dont le vestibule et l'escalier théâtral demeurent un manifeste de l'architecture maniériste. C'est encore sous Clément VII que Michel-Ange reçoit la commande du « Jugement dernier » de la chapelle Sixtine, commencé de son vivant. Le pape protège Benvenuto Cellini, commande à Machiavel ses « Histoires florentines », et prête une oreille attentive aux sciences : il écoute l'exposé du système de Copernic. Ce Médicis nourri d'art et de lettres fait circuler autour de lui, dans une Rome pourtant menacée, une extraordinaire densité de talents. Le mécène a su, là où l'homme d'État a vacillé, engager des œuvres qui traversent les siècles.
Anecdote mémorable
En 1527, la politique flottante de Clément VII, oscillant entre François Ier et Charles Quint, tourne au désastre : les troupes impériales déferlent sur Rome et la mettent à sac. Le pape doit fuir en catastrophe et se réfugier dans la forteresse du château Saint-Ange, où il reste assiégé pendant que la Ville éternelle est pillée. L'épisode, l'un des plus traumatisants du siècle, marque la fin d'une certaine insouciance de la Renaissance romaine et laisse au pontife médicéen l'image d'un homme rattrapé par ses hésitations.
Influences reçues
Léon X (son cousin, dont il prolonge la politique de mécénat) ; la tradition médicéenne des arts à Florence ; l'humanisme de la Haute Renaissance.
Influences exercées
Michel-Ange (Sacristie neuve, Bibliothèque laurentienne, « Jugement dernier ») ; Benvenuto Cellini ; Machiavel (« Histoires florentines ») ; la diffusion des idées de Copernic.
Importance historique
Clément VII incarne le paradoxe de son temps : un mécène d'exception aux commandes d'un pontificat frappé par la catastrophe. On lui doit certaines des œuvres les plus hautes de Michel-Ange et une politique culturelle qui prolonge l'âge d'or florentin jusqu'à Rome. Mais son indécision entre les grandes puissances mène au sac de Rome de 1527, et son refus du divorce d'Henri VIII précipite le schisme anglican en 1533. Sa figure reste celle d'un homme dont l'audace de commanditaire a nourri les chefs-d'œuvre, quand l'hésitation du souverain a laissé des blessures durables à l'Église et à l'Europe.
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