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Portrait de Alessandro Farnese, dit Paul III

Illustre

Alessandro Farnese, dit Paul III

Pape de 1534 à 1549, commanditaire du Jugement dernier, initiateur du concile de Trente

1468-1549·Pape·Canino (Latium) / Rome·mécénat · religion · politique

Contributions & œuvres

Élu pape en 1534 sous le nom de Paul III, Alessandro Farnese se tient sur la ligne de crête où la Renaissance bascule dans la Réforme catholique, et il embrasse les deux d'un même geste. Mécène somptueux, il commande à Michel-Ange le « Jugement dernier » de la chapelle Sixtine (1536-1541), fresque-cataclysme qui redéfinit l'art sacré. Il ne s'arrête pas là : il nomme Michel-Ange architecte de Saint-Pierre — l'artiste y reprend le chantier de la coupole — et lui confie l'aménagement de la place du Capitole, l'une des plus belles compositions urbaines d'Europe. Pour sa propre gloire, il fait élever le somptueux palais Farnèse, bâti d'abord par Antonio da Sangallo le Jeune puis repris par Michel-Ange. Le Titien vient le portraiturer, laissant le célèbre « Paul III et ses petits-fils » (aujourd'hui à Naples), scrutation psychologique sans complaisance d'un vieillard rusé. Réformateur autant que bâtisseur, il approuve en 1540 la Compagnie de Jésus — les jésuites — et convoque en 1545 le concile de Trente, laboratoire de la Contre-Réforme qui reformulera pour des siècles la doctrine et la discipline de l'Église. En un pontificat, l'homme lie l'apogée du grand art romain et le réarmement d'une Église en crise.

Anecdote mémorable

Devant le « Jugement dernier », un maître de cérémonie du pape, Biagio da Cesena, s'indigna de tant de nudités et jugea la fresque digne d'une taverne plutôt que d'une chapelle. Michel-Ange se vengea à sa façon : il donna les traits du censeur à Minos, juge des Enfers, oreilles d'âne et serpent enroulé. Biagio implora Paul III de le faire effacer. Le pape aurait répondu, malicieux, que son autorité ne s'étendait pas jusqu'en Enfer et qu'il ne pouvait donc l'en tirer. Le portrait moqueur y est toujours. @@AVERIFIER (réplique traditionnellement rapportée, non attestée par une source contemporaine)

Influences reçues

Formation humaniste dans la Florence de Laurent le Magnifique ; culture de cour de la Rome des Borgia et des Médicis ; goût du mécénat familial des Farnèse ; pression de la Réforme protestante et des appels au concile.

Influences exercées

Michel-Ange (Jugement dernier, Saint-Pierre, Capitole) ; le Titien ; la Compagnie de Jésus, approuvée en 1540 ; le concile de Trente et toute la Contre-Réforme ; la dynastie des Farnèse de Parme et Plaisance.

Importance historique

Paul III est le pape charnière : sans lui, ni le « Jugement dernier », ni la coupole de Saint-Pierre confiée à Michel-Ange, ni la place du Capitole. Sans lui non plus, pas de concile de Trente ni de reconnaissance des jésuites — les deux piliers de la Contre-Réforme. Sa figure porte pourtant une ombre assumée : népotisme fondateur et institution, en 1542, de l'Inquisition romaine. Chez lui, la splendeur des arts et le durcissement de l'Église naissent du même pontificat, ce qui en fait l'une des clés pour comprendre le passage de la Renaissance au monde tridentin.

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