Devant l'œuvre
Regardez les supports de la cuve : ce sont des termes, ces pilastres à l'antique qui signent le style de la Renaissance. Cherchez les armoiries — celles du duc Ulrich et d'Anna, les donateurs. Comparez la matière claire de l'albâtre et le grain du grès. Et ne confondez pas : il existe dans cette cathédrale une autre cuve, bien plus ancienne ; celle-ci, de 1592, sort de l'atelier qui a sculpté le tombeau ducal.
Symbolisme & lecture iconographique
Les supports à l'antique transposent le langage de la Renaissance dans un meuble d'Église : le baptême chrétien y est présenté dans des formes héritées de l'Antiquité, réconciliées avec le culte. Les armoiries ducales, enfin, rappellent que la grâce reçue au baptême et la faveur du prince donateur se rejoignent dans l'espace sacré.
Analyse des émotions
L'objet impose un calme mesuré : la pierre claire de l'albâtre, le gris du grès et le bois du couvercle composent une harmonie sobre. On y sent la dignité tranquille d'un meuble destiné au geste le plus simple et le plus décisif de la vie chrétienne.
Secrets & mystères
La présence de deux cuves baptismales dans une même cathédrale peut dérouter : la médiévale et celle-ci, Renaissance, de 1592. On gardera à l'esprit que le fichier photographique porte parfois la date de 1591, tandis que la cathédrale retient 1592 ; l'écart d'un an relève de la datation de l'exécution et non de deux objets distincts.
Le saviez-vous ?
Les deux auteurs des fonts, Claus Midow et Bernd Berninger, avaient d'abord terminé le monument du duc Ulrich commencé par Brandin avant de reprendre son atelier : la cuve de 1592 est en quelque sorte leur première grande commande comme maîtres.
