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✦ Sculpture ✦

Judith tenant la tête d’Holopherne

Conrat Meit

Vers 1525–1528·Albâtre, hauteur env. 29,5 cm·Bayerisches Nationalmuseum

Devant l'œuvre

Observez d’abord l’échelle : moins de trente centimètres, une pièce faite pour la main et le regard rapproché. Remarquez le poli de l’albâtre, qui laisse passer un peu de lumière et donne à la chair sa douceur. Puis le contraste, voulu, entre le corps lisse de Judith et le visage marqué d’Holopherne qu’elle tient sans crispation. Cherchez enfin la signature gravée sur le socle : Meit affirme ici son nom, dans une époque où le sculpteur commence à revendiquer son œuvre comme un acte d’auteur.

Symbolisme & lecture iconographique

Judith incarne la vertu qui triomphe de la force brutale, et sa figure féminine seule, sans armée, porte la délivrance d’un peuple. Le nu, ici, n’est pas un simple ornement : il associe la beauté du corps à la puissance de l’acte, selon une pensée humaniste qui rapproche la beauté et la vertu. La tête tranchée, attribut canonique de Judith comme de David, désigne la victoire du faible sur le fort.

Analyse des émotions

L’œuvre déconcerte par son calme : aucune violence visible ne subsiste, seulement le résultat de l’acte, tenu avec une assurance tranquille. Le spectateur oscille entre l’admiration pour la beauté du corps et le malaise devant la tête coupée, et c’est précisément cette tension, entre séduction et effroi contenu, qui fait la force de la statuette.

Secrets & mystères

L’identité du commanditaire et le premier propriétaire de la statuette ne sont pas documentés avec certitude ; on sait seulement qu’elle relève du goût des amateurs de petite sculpture précieuse. La datation reste approchée, située autour de 1525–1528 par la critique.

Le saviez-vous ?

Meit a signé la statuette sur son socle, un geste encore peu répandu pour une sculpture de ce type au nord des Alpes ; cette signature dit à la fois la fierté de l’artiste et le prestige qui s’attache à la possession d’une telle œuvre.

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