Devant l'œuvre
Vous avez vu la chaire et, dehors, la fontaine Saint-Pierre : voici le troisième jalon du même atelier. Observez ce monument funéraire de l'archevêque Jacques III d'Eltz, achevé en 1597 : on l'appelle autel de la Trinité. Rappelez-vous que le prélat était mort dès 1581 ; ce sont ses héritiers qui, une dizaine d'années plus tard, ont commandé ce souvenir de pierre.
Symbolisme & lecture iconographique
En plaçant le tombeau sous le signe de la Trinité, le monument rattache le salut du prélat défunt au mystère central de la foi. L'épitaphe devient profession de foi et affirmation du rang, pour une maison aristocratique dont le nom restait attaché au siège de Trèves.
Analyse des émotions
Le monument funéraire conjugue la gravité du souvenir et l'espérance du salut ; la présence de la Trinité élève le deuil vers la promesse de la vie éternelle. La figure du prélat impose le respect dû à son rang.
Secrets & mystères
Mis en regard de la chaire (1570-1572) et de la fontaine Saint-Pierre (1595), ce monument de 1597 permet de mesurer l'évolution de l'atelier Hoffmann sur près de trois décennies, de la sculpture liturgique à la grande épitaphe princière, en passant par la commande civique.
Le saviez-vous ?
Mort en 1581, Jacques III d'Eltz ne vit jamais son propre tombeau : l'autel de la Trinité ne fut achevé qu'en 1597, commandé après coup par ses héritiers — un monument élevé à la mémoire d'un prince déjà entré dans l'histoire.
