Devant l'œuvre
Comparez les deux tombeaux voisins : Bibra marque l'entrée de la Renaissance dans l'œuvre de Riemenschneider, par ses pilastres et ses ornements à l'antique, là où Scherenberg restait gothique. Faites remarquer que les deux furent commandés par Bibra lui-même.
Symbolisme & lecture iconographique
Comme celui de Scherenberg, le tombeau dresse le prince-évêque en pied, en ornements pontificaux. Mais l'encadrement change : pilastres, candélabres, rinceaux à l'antique annoncent la Renaissance. Le gisant debout exprime la dignité de la charge et l'espérance de la résurrection.
Analyse des émotions
Le visage, plus posé et plus serein que celui de Scherenberg, reflète un prince dans la force de l'âge. L'émotion est celle d'une dignité confiante, où le deuil le cède à l'affirmation d'une continuité et d'un ordre nouveau.
Secrets & mystères
C'est la première œuvre de Riemenschneider à intégrer des motifs décoratifs de la Renaissance dans son architecture. On parle d'« hybridité structurelle », peut-être due à un changement de projet en cours d'exécution. Lorenz von Bibra avait commandé de son vivant les deux tombeaux — le sien et celui de son prédécesseur.
Le saviez-vous ?
Lorenz von Bibra fut un prince-évêque éclairé, proche de l'empereur Maximilien et bienveillant envers l'humanisme ; certains virent en lui un prélat ouvert aux idées nouvelles. Son tombeau, premier à adopter le vocabulaire Renaissance, semble à l'image de cet homme tourné vers un monde qui change.
