HitsMap
Sainte Femme au Bonnet (groupe du Sépulcre)

Statues isolées (Vierges, Pietà, saints, retables)

Sainte Femme au Bonnet (groupe du Sépulcre)

Ligier Richier

Vers 1530-1540·Pierre calcaire polychromée·Église Saint-Didier de Clermont-en-Argonne · Clermont-en-Argonne

Histoire

La Sainte Femme au Bonnet de Clermont-en-Argonne est l'une des œuvres les plus émouvantes — et l'une des moins connues — de Ligier Richier, attribuée au sculpteur vers 1530-1540. Vestige isolé d'un groupe sculpté plus vaste représentant probablement un Sépulcre ou une Mise au tombeau, la statue subsiste seule dans l'église Saint-Didier de Clermont-en-Argonne, petit village meusien réputé pour son ermitage Sainte-Anne et ses paysages forestiers.

La sainte femme — peut-être Marie-Madeleine, peut-être Marie de Cléophas, peut-être Marie Salomé — est représentée debout, vêtue d'une longue robe et coiffée d'un bonnet caractéristique qui a donné son surnom moderne à la statue. Son visage doux et grave, légèrement penché, exprime une affliction contenue. Ses mains tiennent un objet liturgique — flacon d'onguent peut-être, ou linceul — que l'érosion a partiellement effacé.

Le style appartient pleinement au Richier de la maturité : drapés en cascades amples mais maîtrisés, visage individualisé d'une humanité douce, modelé subtil de la peau, élégance discrète des attitudes. L'œuvre représenterait un fragment de Mise au tombeau ou de Sépulcre dont les autres figures ont disparu — peut-être à la Révolution, peut-être lors des destructions de 1914-1918, peut-être déplacées dans d'autres collections.

L'église Saint-Didier, modeste sanctuaire reconstruit après les destructions de la Première Guerre mondiale, conserve d'autres œuvres remarquables : vitraux du XVIe, statues de saints, et notamment cette Sainte Femme qui demeure le joyau de la collection paroissiale. Elle est classée monument historique au titre des objets mobiliers.

À voir absolument

  • L'ensemble de la statue, légèrement plus petite que nature (environ 1,50 m)
  • Le visage de la sainte, doux, grave, méditatif — sommet de l'humanité richierienne
  • Le bonnet caractéristique qui donne son nom à la statue, coiffure typique des bourgeoises lorraines du XVIe siècle
  • Les drapés en cascade verticale de la robe, signature de Richier sur pierre
  • Les mains tenant un objet partiellement effacé — vase d'onguent, linceul, ou couronne d'épines selon les interprétations
  • Les traces de polychromie subsistantes (bleu, rouge)
  • Le regard tourné vers le bas, comme contemplant le Christ mort qui était à l'origine devant elle

Anecdotes & secrets

L'ermitage Saint-Anne, perché sur la colline qui domine Clermont-en-Argonne, fut au XVIe siècle un haut lieu de pèlerinage régional. La tradition voulait que sainte Anne y soit apparue à un berger en 1572. Plusieurs œuvres sculptées Renaissance ornaient probablement l'ermitage, dispersées ou détruites par la suite. Il est possible — sans certitude — que la Sainte Femme au Bonnet ait été originellement destinée à l'ermitage, puis transférée à l'église paroissiale.

Clermont-en-Argonne se trouve au cœur de la forêt d'Argonne, théâtre de combats acharnés pendant la Première Guerre mondiale. Le village fut détruit à 80% par les bombardements allemands en septembre 1914. La Sainte Femme, miraculeusement préservée dans une cave, fut remise en place après la reconstruction du village dans les années 1920. Le contraste entre l'art Renaissance et la mémoire de la Grande Guerre — comme à Étain, comme à Hattonchâtel — est l'une des constantes du patrimoine meusien.

Conseils de visite

Église ouverte tous les jours en journée. Si fermée, demander la clé à la mairie. Combiner avec la visite de l'ermitage Saint-Anne (perché sur la colline, vue panoramique sur l'Argonne) et avec d'autres œuvres de la Route Ligier Richier — notamment Étain (à 50 km) et Saint-Mihiel (à 40 km). Pour les amateurs de Grande Guerre, le fort de la Pompelle (à 50 km vers Reims) et la butte de Vauquois (à 15 km) sont incontournables. Clermont-en-Argonne accessible depuis Verdun ou Reims en voiture.

Contexte économique, social et religieux

La Sainte Femme au Bonnet de Clermont-en-Argonne est l'une des œuvres les plus émouvantes — et l'une des moins connues — de Ligier Richier, attribuée au sculpteur vers 1530-1540. Vestige isolé d'un groupe sculpté plus vaste représentant probablement un Sépulcre ou une Mise au tombeau, la statue subsiste seule dans l'église Saint-Didier de Clermont-en-Argonne, petit village meusien réputé pour son ermitage Sainte-Anne et ses paysages forestiers.

Autres sculptures à découvrir