HitsMap

✦ Sculpture ✦

Épitaphe Renaissance de St. Moriz

Nikolaus Bergner

1594-1598·albâtre sculpté·Morizkirche (St. Moriz), Coburg (in situ)

Devant l'œuvre

Faites lever les yeux sur les treize mètres de l'épitaphe-retable, l'un des plus grands tombeaux Renaissance d'Allemagne. Identifiez le groupe en prière — Johann Friedrich, ses deux épouses, ses fils. Expliquez le travail de l'albâtre de Heldburg. Rattachez le monument à la branche ernestine des Wettin, protectrice de Luther, déchue après Mühlberg (1547).

Symbolisme & lecture iconographique

La famille agenouillée en prière, parents et fils réunis autour du défunt, affirme la continuité dynastique par-delà la mort : le groupe votif transforme le tombeau en profession de foi protestante, où le salut se dit par la prière et la lignée. Colonnes et allégories encadrent la mémoire d'une maison qui avait protégé Luther.

Analyse des émotions

L'échelle écrasante — près de treize mètres dans le chœur — saisit d'emblée par sa démesure ; mais c'est la douceur lumineuse de l'albâtre, le recueillement des figures en prière, qui retient : entre l'orgueil du monument et l'intimité du deuil familial, l'émotion oscille.

Secrets & mystères

L'albâtre, pierre translucide et tendre, sensible à l'humidité et réservée aux intérieurs, fut extrait près de Heldburg, non loin de Coburg : un matériau local hissé au rang monumental. Le défunt, Johann Friedrich II, mourut après vingt-huit ans de captivité, l'une des tragédies dynastiques de la maison ernestine.

Le saviez-vous ?

De 1594 à 1598, Johann Casimir, duc de Saxe-Cobourg, fit élever ce monument à la mémoire de ses parents ; le travail de l'albâtre dura quatre années entières, mesure de l'ambition d'un prince qui voulait, dans sa petite capitale protestante, un tombeau rivalisant avec les plus grands.

Autres sculptures à découvrir