Devant l'œuvre
Faites lever les yeux : l'œuvre n'est pas sur un autel mais suspendue dans le vide du chœur, prouesse d'installation autant que de sculpture. Comptez les roses du rosaire, repérez les médaillons des sept joies de Marie, puis la polychromie d'origine, rare témoin d'un coloris du début du XVIe siècle.
Symbolisme & lecture iconographique
L'œuvre représente l'Annonciation : l'archange Gabriel annonce à Marie qu'elle concevra le Fils de Dieu. Le grand cercle de roses qui l'enserre est un rosaire : cinquante-cinq roses scandent les Ave et les médaillons figurent des scènes de la vie du Christ. Colombe de l'Esprit, anges musiciens et Dieu le Père complètent le programme.
Analyse des émotions
L'émotion est celle de la grâce et de la musique : les anges jouent et sonnent des cloches, Marie s'incline avec une pudeur retenue, Gabriel s'avance avec douceur. Rien de dramatique ici, mais une joie céleste, suspendue entre ciel et terre.
Secrets & mystères
Suspendu à près de six mètres au-dessus du sol, l'ensemble paraît léger et aérien ; il pèse pourtant près d'une tonne. Pour le protéger, on le recouvrait autrefois d'une housse une grande partie de l'année, ce qui a contribué à préserver sa polychromie d'origine, exceptionnellement fraîche.
Le saviez-vous ?
Après l'adoption de la Réforme, le rosaire — dévotion jugée trop mariale — fut longtemps dissimulé sous une housse ; c'est paradoxalement cette mise à l'écart pudique qui l'a préservé presque intact jusqu'à nous.
