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✦ Sculpture ✦

Lustre au dragon

Veit Stoss (exécution), d'après un dessin d'Albrecht Dürer

1522·bois de tilleul, andouillers de cervidé et fer, dorés et partiellement polychromés·Germanisches Nationalmuseum (Nuremberg)

Devant l'œuvre

Faites remarquer que deux des plus grands noms de la Renaissance allemande, Dürer et Stoss, se rencontrent ici non sur un retable mais sur un meuble d'apparat. Montrez comment les andouillers véritables deviennent les bras du luminaire : nature et artifice ne font plus qu'un. Rappelez le lieu d'origine — la salle où siégeait le gouvernement de Nuremberg.

Symbolisme & lecture iconographique

Le dragon aux andouillers condense deux langages : le trophée de chasse, marque de noblesse et de maîtrise de la nature, et la bête héraldique, créature fabuleuse qui proclame la puissance de la cité. Suspendu au-dessus de la salle du conseil, l'objet faisait du gouvernement urbain le dompteur symbolique du monstre.

Analyse des émotions

L'objet joue de l'inquiétante étrangeté : la matière vivante du bois de cerf, brute et organique, se fond dans la bête sculptée au point qu'on hésite entre fascination et malaise. Le spectateur est pris entre l'émerveillement devant la virtuosité et le trouble devant la créature.

Secrets & mystères

Le partage des rôles reste le vrai mystère : le dessin préparatoire conservé à Constance porte la main de Dürer, mais la part exacte du peintre et celle du sculpteur dans l'objet fini se laissent mal démêler. Chacune des trois têtes a reçu un traitement de surface différent, détail que l'on ne découvre qu'en tournant autour de la pièce.

Le saviez-vous ?

Le type du « lustre aux andouillers » (Leuchterweibchen) était une mode des salles d'apparat d'Allemagne du Sud ; mais confier sa conception à Dürer et son exécution à Veit Stoss fit d'un simple luminaire une œuvre d'art signée par les deux sommets de la ville.

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