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Décor sculpté du château de Gaillon, Anonyme

✦ Sculpture ✦

Décor sculpté du château de Gaillon

Anonyme (atelier du cardinal d'Amboise)

v.1502-1510·Renaissance française précoce·Marbre et pierre·Musée du Louvre (fragments) · Paris

Devant l'œuvre

Trois clés. 1. Le premier : dites que Gaillon est le berceau du château Renaissance en France, avant la Loire. 2. Le cardinal d'Amboise : présentez le ministre de Louis XII, importateur d'artistes et de marbres italiens. 3. Un décor dispersé : expliquez que le château fut démantelé, ses sculptures éparpillées dans les musées. À emporter : « ici, avant Chambord, la Renaissance est entrée en France. »

Éléments remarquables

Médaillons de marbre avec bustes à l'antique. Pilastres à arabesques. Bas-reliefs mythologiques. Fontaine monumentale. Portail d'entrée avec décor à l'antique. Premier exemple de décor entièrement renaissant en France.

Signification historique et artistique

Gaillon est le laboratoire de la Renaissance française en architecture et sculpture. Le cardinal d'Amboise y expérimente la première fois en France un programme décoratif entièrement à l'antique — quelque 20 ans avant la Première École de Fontainebleau sous François Iᵉʳ.

Contexte économique, social et religieux

Le château de Gaillon (Normandie) est le premier grand château Renaissance de France, construit par le cardinal d'Amboise (ministre de Louis XII) de 1502 à 1510. Son décor fait appel à des sculpteurs italiens (Bertrand de Meynal, Antonio della Porta) et français. Premier exemple de collaboration franco-italienne dans la sculpture décorative en France.

Symbolisme & lecture iconographique

Ces fragments sculptés viennent du lieu où tout a commencé. Le château de Gaillon, en Normandie, fut la première grande demeure de la Renaissance en France : médaillons à l'antique, rinceaux, marbres importés d'Italie y proclamaient, dès 1502, l'arrivée d'un art neuf. Le commanditaire, le cardinal Georges d'Amboise, ministre de Louis XII, y affichait à la fois sa puissance et son goût italien. Le décor n'est pas qu'ornemental : il annonce le passage du gothique à la Renaissance, la France s'ouvrant à l'Italie.

Analyse des émotions

L'émotion est celle d'un commencement. Devant ces rinceaux et médaillons, on ressent la fraîcheur d'un art qui s'essaie, la curiosité d'une France découvrant l'Italie — quelque chose d'inaugural, d'un peu fragile aussi, puisqu'il n'en subsiste que des débris. C'est l'émotion des origines : émouvante par ce qu'elle a lancé, poignante par ce qu'elle a perdu.

Secrets & mystères

Gaillon vint avant Blois et Chambord : c'est ici, et non sur la Loire, que la Renaissance française prit racine, grâce à un cardinal qui fit venir marbres et artistes d'Italie. Mais le château fut démantelé à la Révolution, son décor dispersé — on en retrouve des fragments au Louvre, à l'École des beaux-arts, dans divers musées. De ce foyer fondateur, il ne reste que des morceaux, éparpillés comme les indices d'une origine à demi oubliée.

Le saviez-vous ?

On croit souvent que la Renaissance française commence sur les bords de Loire ; elle a commencé en Normandie, à Gaillon, dans le château d'un cardinal pressé d'imiter l'Italie. Il n'en reste presque rien — quelques pierres sculptées dans les musées —, mais ces fragments sont les tout premiers mots d'une histoire qui donnerait Blois, Chambord et Fontainebleau.

Sources

  1. 1.Musée du Louvre
  2. 2.Ministère de la Culture — Plateforme Ouverte du Patrimoine (POP)

Commanditaire

Cardinal Georges d'Amboise

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