À voir
Cette église-ci se raconte par ce qui n'y est plus. Dans le quartier de la Freyung, Saint-Josse a perdu une partie de sa mémoire Renaissance : au XIXe siècle, une « regothisation » (1839-1890) recouvrit son décor, et sa pièce maîtresse — une statue de saint Josse par le grand Hans Leinberger, vers 1520 — a quitté les lieux pour le Musée national bavarois de Munich. Il reste des témoins sûrs : l'épitaphe de marbre rouge de Peter von Altenhaus, taillée vers 1513 par Stefan Rottaler, et la porte de la sacristie de 1482, garnie de ferrures estampées de figures du saint. Honnêtement, la couche Renaissance y est mince — mais ce qui manque en dit parfois autant que ce qui demeure.# L'église Saint-Josse de LandshutDans le quartier de la Freyung, à l'ouest de la vieille ville de Landshut, Saint-Josse élève une église-halle de brique, sœur cadette de la grande Saint-Martin. Son histoire est d'abord gothique — fondée au XIVe siècle, reconstruite après l'incendie de 1403. Sa part Renaissance est mince mais réelle : un épitaphe de marbre rouge de Stefan Rottaler (vers 1513) et le souvenir d'une statue de saint Josse par Hans Leinberger. Nous le disons franchement.
Ce qu'il faut regarder
Entrez dans la halle de brique, aux piliers ronds et aux voûtes réticulées, typique du gothique de Basse-Bavière. Le décor y mêle des pièces du gothique tardif et des restaurations néogothiques du XIXe siècle ; la part proprement Renaissance se cherche.
Trouvez l'épitaphe de marbre rouge de Peter von Altenhaus (vers 1513), taillé par Stefan Rottaler : la pierre rouge locale, polie, porte le portrait et les armes du défunt — la signature funéraire de Landshut au tournant du XVIe siècle. Sachez aussi qu'une statue de saint Josse sculptée par Hans Leinberger (vers 1520) provenait de l'église ; elle est aujourd'hui au Musée national bavarois, à Munich. Remarquez encore la porte de la sacristie (1482), garnie de ferrures estampées de figures du saint patron et de rosaces, et, dans la chapelle baptismale, un relief de Lamentation (vers 1470).
Histoire
Saint-Josse fut fondée dans le style du haut gothique (1338) et achevée au gothique tardif, dans la seconde moitié du XVe siècle. Un grand incendie en 1403 imposa d'importants travaux : ajout des chapelles latérales (1438-1449), insertion de la voûte de la nef centrale (1470-1480). L'église servit le quartier ouest de Landshut, résidence des ducs de Bavière-Landshut.
Au tournant du XVIe siècle, l'édifice reçut ce qu'il garde de Renaissance : l'épitaphe de Rottaler et, un temps, la statue de Leinberger. Mais au XIXe siècle, une vaste campagne de regothisation (1839-1890) transforma l'intérieur, effaçant ou masquant une partie des éléments plus tardifs. C'est pourquoi la couche Renaissance de Saint-Josse, bien réelle, s'y lit aujourd'hui par touches, plus discrètes qu'à Saint-Martin.
Symboles et secrets
Le marbre rouge est la clef de Landshut. Cette pierre locale, dure et chaude de ton, servit pendant plus d'un siècle à graver la mémoire des morts : l'épitaphe de Rottaler en est un bel exemple, à la charnière du gisant médiéval et du portrait Renaissance. La dispersion de la statue de Leinberger, aujourd'hui au musée, rappelle un sort fréquent : l'œuvre quitte l'église pour la collection, et la fiche doit alors dire où elle est vraiment. La regothisation du XIXe siècle, enfin, illustre le goût d'une époque qui voulut « purifier » le Moyen Âge de ses ajouts postérieurs.
Pourquoi ça compte
Parce que Saint-Josse, église-halle de brique presque jumelle de Saint-Martin, montre un cas d'honnêteté d'aire : un édifice gothique dont la Renaissance n'est qu'une strate mince, portée par un bel épitaphe de marbre rouge et par le souvenir d'un Leinberger. On y comprend comment le XIXe siècle a parfois recouvert le XVIe, et pourquoi il faut chercher, derrière le décor néogothique, les traces vraies de la Renaissance.
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Histoire
Saint-Josse fut fondée dans le style du haut gothique (1338) et achevée au gothique tardif, dans la seconde moitié du XVe siècle. Un grand incendie en 1403 imposa d'importants travaux : ajout des chapelles latérales (1438-1449), insertion de la voûte de la nef centrale (1470-1480). L'église servit le quartier ouest de Landshut, résidence des ducs de Bavière-Landshut.
Au tournant du XVIe siècle, l'édifice reçut ce qu'il garde de Renaissance : l'épitaphe de Rottaler et, un temps, la statue de Leinberger. Mais au XIXe siècle, une vaste campagne de regothisation (1839-1890) transforma l'intérieur, effaçant ou masquant une partie des éléments plus tardifs. C'est pourquoi la couche Renaissance de Saint-Josse, bien réelle, s'y lit aujourd'hui par touches, plus discrètes qu'à Saint-Martin.
Sources
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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026
