À voir
La forteresse de Trausnitz
Dominant Landshut du haut de sa colline, la Burg Trausnitz fut d'abord le château médiéval des ducs de Basse-Bavière. Mais entre 1568 et 1578, un jeune prince la transforma en résidence à l'italienne, et y laissa l'une des œuvres les plus surprenantes de la Renaissance allemande : un escalier peint de bouffons grandeur nature.
Ce qu'il faut regarder
Le joyau de Trausnitz est la Narrentreppe, l'« Escalier des bouffons ». Le long d'une cage d'escalier, le peintre italien Alessandro Scalzi, dit le Padouan, a figuré à fresque, vers 1575-1579, les personnages de la commedia dell'arte : Arlequins, Pantalon, le Docteur, les amoureux, grandeur nature, comme surpris en pleine farce. On monte l'escalier au milieu d'une troupe de théâtre peinte — chose unique au nord des Alpes.
Le reste du château mêle les époques : la façade du Dürnitzbau s'ouvre de galeries superposées, un corps neuf (le Fürstenbau) fut ajouté pour le prince, et une aile italienne reçut des voûtes à caissons. La chapelle Saint-Georges, du roman tardif, conserve une statuaire comptant parmi les plus importantes du XIIIᵉ siècle en Bavière. On y trouvait aussi une chambre des merveilles, cabinet d'art et de curiosités à l'italienne. Des terrasses et des jardins suspendus aménagés pour le prince, la vue embrasse Landshut et la Stadtresidenz, l'autre chantier Renaissance de la ville, au pied de la colline. La forteresse mêle ainsi, sans heurt, la rudesse de ses murs médiévaux et la grâce des ajouts italiens : on passe d'une salle d'armes à une loggia ensoleillée en quelques pas, et c'est tout le passage d'un monde à l'autre que l'on éprouve physiquement.
Histoire
La Trausnitz fut fondée en 1204 par Louis le Kelheimer, en même temps que la ville de Landshut, et resta un siège des Wittelsbach de Basse-Bavière. En 1568, le prince héritier Guillaume de Bavière, le futur Guillaume V, s'y installe au moment de son mariage avec Renée de Lorraine et y tient une cour brillante, tournée vers l'Italie ; l'architecte Friedrich Sustris dirige les travaux de transformation. Il fait venir artistes et musiciens — Orlando di Lasso n'est pas loin, à Munich — et confie la décoration à des peintres italiens. L'Escalier des bouffons naît de ce goût pour le théâtre et la fête. Devenue plus tard caserne et prison, la forteresse a souffert d'un incendie le 21 octobre 1961 qui ravagea le Fürstenbau ; la Narrentreppe et la chapelle Saint-Georges furent épargnées. Patiemment restaurée, elle se visite aujourd'hui, escalier compris, sous la garde de l'administration des châteaux de Bavière. Guillaume n'y régna qu'en prince héritier : à la mort de son père en 1579, il quitta Landshut pour Munich, emportant avec lui le goût des arts et une partie des merveilles rassemblées à Trausnitz, qui enrichirent la chambre d'art ducale. L'élan donné à Landshut se prolongea ainsi dans la capitale, jusqu'à Saint-Michel et à la Residenz.
Symboles et secrets
Peindre la comédie italienne dans un escalier de cour, c'est afficher une modernité : le prince aime le rire, le masque, l'invention venue du sud. Derrière la farce, il y a un programme — celui d'une cour qui se veut cultivée, joyeuse, européenne, et qui reçoit ses hôtes en les faisant monter au milieu d'un spectacle, comme pour effacer la frontière entre la vie et la scène.
Pourquoi ce lieu compte
Parce qu'il montre la Renaissance allemande dans son versant le plus léger et le plus italien : non plus seulement la gravité des tombeaux et des chapelles, mais la fête, le théâtre, le plaisir des yeux. Avec la Stadtresidenz, au pied de la colline, Trausnitz fait de Landshut l'un des foyers précoces du goût italien en Allemagne.
Histoire
La Trausnitz fut fondée en 1204 par Louis le Kelheimer, en même temps que la ville de Landshut, et resta un siège des Wittelsbach de Basse-Bavière. En 1568, le prince héritier Guillaume de Bavière, le futur Guillaume V, s'y installe au moment de son mariage avec Renée de Lorraine et y tient une cour brillante, tournée vers l'Italie ; l'architecte Friedrich Sustris dirige les travaux de transformation. Il fait venir artistes et musiciens — Orlando di Lasso n'est pas loin, à Munich — et confie la décoration à des peintres italiens. L'Escalier des bouffons naît de ce goût pour le théâtre et la fête. Devenue plus tard caserne et prison, la forteresse a souffert d'un incendie le 21 octobre 1961 qui ravagea le Fürstenbau ; la Narrentreppe et la chapelle Saint-Georges furent épargnées. Patiemment restaurée, elle se visite aujourd'hui, escalier compris, sous la garde de l'administration des châteaux de Bavière. Guillaume n'y régna qu'en prince héritier : à la mort de son père en 1579, il quitta Landshut pour Munich, emportant avec lui le goût des arts et une partie des merveilles rassemblées à Trausnitz, qui enrichirent la chambre d'art ducale. L'élan donné à Landshut se prolongea ainsi dans la capitale, jusqu'à Saint-Michel et à la Residenz.
Sources
- 1.Bayerische Schlösserverwaltung — Burg Trausnitz, Landshut
- 2.Bayerisches Nationalmuseum — Kunst- und Wunderkammer de Trausnitz
- 3.Wikipedia DE « Burg Trausnitz »
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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026
