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La Stadtresidenz de Landshut
Au cœur de Landshut, derrière une façade sur rue d'allure encore allemande, se cache une révolution : la « Bâtisse italienne » de la Résidence est le premier édifice entièrement conçu dans le style de la haute Renaissance italienne au nord des Alpes. Bâtie de 1536 à 1543 pour le duc Louis X de Bavière, elle importe d'un coup, en terre d'Empire, le vocabulaire des palais de Mantoue et de Rome.
Ce qu'il faut regarder
La Résidence se compose de deux parties accolées. Sur la rue, la Deutscher Bau (Bâtisse allemande), élevée dès 1536-1537 par Bernhard Zwitzel d'Augsbourg, garde une silhouette familière. Mais franchissez le passage, et vous entrez dans la Italienischer Bau (Bâtisse italienne), bâtie à partir de 1537 autour d'une cour à arcades : des loggias superposées, des plafonds à caissons, des voûtes peintes de grotesques, de scènes mythologiques et d'allégories planétaires — on se croirait transporté dans un palais lombard.
Les salles les plus célèbres, l'Italienischer Saal et le Göttersaal (la Salle des dieux), déploient un programme astrologique et mythologique d'une rare ampleur ; d'autres montrent les travaux d'Hercule ou des scènes à l'antique. Le stuc, dû à des artisans venus de Mantoue, encadre des fresques attribuées à Hermanus Posthumus, Hans Bocksberger l'Ancien et Ludwig Refinger : la fraîcheur et la science de ces décors trahissent la main italienne. On a parfois voulu reconnaître dans ces salles le dessin même de Giulio Romano, hypothèse qui reste débattue. Partout, le stuc blanc se marie à la couleur des fresques dans un jeu savant de cadres, de médaillons et de figures en relief, exactement comme dans les villas des Gonzague : ce n'est pas une citation de l'Italie, c'est l'Italie transportée telle quelle, jusqu'au moindre ornement de voûte.
Histoire
Louis X (1495-1545) gouverne la Bavière conjointement avec son frère aîné Guillaume IV. En 1536, il se rend en Italie pour soutenir l'empereur Charles Quint, et découvre à Mantoue le Palazzo Te, la villa que Giulio Romano venait d'achever pour les Gonzague. Ébloui, il décide d'en rapporter le style chez lui. Il fait venir artistes et stucateurs italiens et bâtit, à Landshut, un palais qui n'imite pas la Renaissance : qui l'est. C'est un acte de prince cultivé autant qu'un défi — Louis X, le cadet, rivalisait avec son aîné, commanditaire de la fameuse Bataille d'Alexandre d'Altdorfer. La façade sur rue fut reprise dans le goût classique au XVIIIᵉ siècle par Karl Albert von Lespilliez ; longtemps éclipsée, la Résidence, aujourd'hui musée, est reconnue comme un jalon capital de la diffusion de la Renaissance au nord des Alpes. Louis X n'était pourtant pas un souverain de plein droit : par l'accord de partage de 1514, il gouvernait la Bavière de concert avec son aîné, sans en être le maître unique. Bâtir un palais sans équivalent dans l'Empire, c'était pour ce cadet une manière d'exister — de transformer en prestige artistique ce que la politique lui refusait en pouvoir.
Symboles et secrets
Le décor astrologique n'est pas un caprice : il inscrit le prince et sa maison dans l'ordre du cosmos, sous le patronage des planètes. Choisir Mantoue comme modèle, c'est aussi se rattacher à la plus raffinée des cours italiennes — une façon de dire que la Bavière, elle aussi, appartient au monde savant. Et dissimuler ce palais italien derrière une façade ordinaire, c'est réserver la surprise à l'hôte admis dans la cour : la Renaissance comme secret partagé entre initiés.
Pourquoi ce lieu compte
Parce qu'il est le premier : avant Heidelberg, avant Munich, Landshut ose un palais pleinement italien. La Renaissance n'y est plus un ornement rapporté, mais la langue même de l'architecture. Tout le siècle allemand en découlera, jusqu'aux grands chantiers princiers des générations suivantes.
Histoire
Louis X (1495-1545) gouverne la Bavière conjointement avec son frère aîné Guillaume IV. En 1536, il se rend en Italie pour soutenir l'empereur Charles Quint, et découvre à Mantoue le Palazzo Te, la villa que Giulio Romano venait d'achever pour les Gonzague. Ébloui, il décide d'en rapporter le style chez lui. Il fait venir artistes et stucateurs italiens et bâtit, à Landshut, un palais qui n'imite pas la Renaissance : qui l'est. C'est un acte de prince cultivé autant qu'un défi — Louis X, le cadet, rivalisait avec son aîné, commanditaire de la fameuse Bataille d'Alexandre d'Altdorfer. La façade sur rue fut reprise dans le goût classique au XVIIIᵉ siècle par Karl Albert von Lespilliez ; longtemps éclipsée, la Résidence, aujourd'hui musée, est reconnue comme un jalon capital de la diffusion de la Renaissance au nord des Alpes. Louis X n'était pourtant pas un souverain de plein droit : par l'accord de partage de 1514, il gouvernait la Bavière de concert avec son aîné, sans en être le maître unique. Bâtir un palais sans équivalent dans l'Empire, c'était pour ce cadet une manière d'exister — de transformer en prestige artistique ce que la politique lui refusait en pouvoir.
Sources
- 1.Bayerische Schlösserverwaltung — Stadtresidenz Landshut
- 2.Iris Lauterbach, études sur la Stadtresidenz et le modèle mantouan
- 3.Wikipedia DE « Stadtresidenz Landshut »
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Fiche mise à jour le 7 novembre 2026
