À voir
Dans la plaine du Somerset, dominées par la colline conique du Tor, les ruines de l'abbaye de Glastonbury évoquent une grandeur perdue. Jadis la plus riche et la plus vénérée des abbayes d'Angleterre, elle fut, en 1539, l'une des victimes les plus tragiques de la dissolution des monastères.
Le cœur spirituel de l'Angleterre
Glastonbury se disait le plus ancien sanctuaire chrétien de l'île : la légende y faisait venir Joseph d'Arimathie apportant le Graal, et prétendait y avoir découvert, au Moyen Âge, la tombe du roi Arthur et de la reine Guenièvre. Riche de ces mythes et d'immenses domaines, l'abbaye bénédictine était, à la veille de la Réforme, la deuxième plus riche d'Angleterre, un centre de pèlerinage rayonnant sur tout le royaume. Sa grande église abbatiale comptait parmi les plus vastes du pays. Rien ne semblait pouvoir ébranler une telle puissance spirituelle et matérielle.
1539 : la fin et le supplice
La rupture d'Henri VIII avec Rome scella son destin. Alors que les grandes abbayes tombaient une à une, le dernier abbé, Richard Whiting, refusa de livrer Glastonbury à la Couronne. Accusé de trahison au terme d'un simulacre de procès orchestré par les agents de Thomas Cromwell, il fut, en novembre 1539, traîné sur une claie jusqu'au sommet du Tor, la colline qui domine la plaine, et pendu, âgé de près de quatre-vingts ans, puis écartelé. L'abbaye fut dépouillée, ses trésors saisis, ses bâtiments livrés aux carriers. De la deuxième abbaye du royaume il ne resta bientôt que des pans de murs dressés dans l'herbe — et, au sommet du Tor, la tour solitaire d'une chapelle, seul témoin du drame.
Ce qu'il faut voir
- Les ruines de l'abbatiale, pans de murs et arches dans la prairie.
- La chapelle de la Vierge (Lady Chapel) et les vestiges les mieux conservés.
- Le Glastonbury Tor et sa tour solitaire (St Michael), lieu du supplice de 1539.
- Le souvenir des légendes arthuriennes et du Graal.
Le saviez-vous ?
Sur le Tor où fut pendu l'abbé Whiting se dresse encore la tour d'une chapelle dédiée à saint Michel — tout ce qui reste de l'église qui la couronnait. Depuis ce sommet balayé par le vent, on embrasse toute la plaine du Somerset. Le lieu, chargé de légendes (le Graal, Avalon, le roi Arthur), est ainsi devenu le symbole même de la Dissolution : une colline sacrée transformée, en un jour de 1539, en gibet pour le dernier gardien de l'ancienne foi.
Infos pratiques
Glastonbury se situe dans le Somerset, au sud-ouest de l'Angleterre. Les ruines de l'abbaye se visitent (site géré par une fondation) ; le Tor, en accès libre, se gravit à pied et offre une vue sur la région. Les horaires de l'abbaye sont susceptibles de varier ; il convient de les vérifier auprès des sources officielles avant toute visite.
Quiz
- Quel rang occupait Glastonbury parmi les abbayes d'Angleterre ?
- La deuxième plus riche du royaume
- La plus petite du pays
- Un simple ermitage
- Où fut pendu le dernier abbé Richard Whiting en 1539 ?
- Au sommet du Glastonbury Tor
- À la Tour de Londres
- Sur la place de Bath
- Quelle légende est attachée à Glastonbury ?
- La tombe du roi Arthur et le Graal
- La naissance d'Élisabeth Iʳᵉ
- Le sacre des rois
Histoire
Dans la plaine du Somerset, dominées par la colline conique du Tor, les ruines de l'abbaye de Glastonbury évoquent une grandeur perdue. Jadis la plus riche et la plus vénérée des abbayes d'Angleterre, elle fut, en 1539, l'une des victimes les plus tragiques de la dissolution des monastères.
Le cœur spirituel de l'Angleterre
Glastonbury se disait le plus ancien sanctuaire chrétien de l'île : la légende y faisait venir Joseph d'Arimathie apportant le Graal, et prétendait y avoir découvert, au Moyen Âge, la tombe du roi Arthur et de la reine Guenièvre. Riche de ces mythes et d'immenses domaines, l'abbaye bénédictine était, à la veille de la Réforme, la deuxième plus riche d'Angleterre, un centre de pèlerinage rayonnant sur tout le royaume. Sa grande église abbatiale comptait parmi les plus vastes du pays. Rien ne semblait pouvoir ébranler une telle puissance spirituelle et matérielle.
1539 : la fin et le supplice
La rupture d'Henri VIII avec Rome scella son destin. Alors que les grandes abbayes tombaient une à une, le dernier abbé, Richard Whiting, refusa de livrer Glastonbury à la Couronne. Accusé de trahison au terme d'un simulacre de procès orchestré par les agents de Thomas Cromwell, il fut, en novembre 1539, traîné sur une claie jusqu'au sommet du Tor, la colline qui domine la plaine, et pendu, âgé de près de quatre-vingts ans, puis écartelé. L'abbaye fut dépouillée, ses trésors saisis, ses bâtiments livrés aux carriers. De la deuxième abbaye du royaume il ne resta bientôt que des pans de murs dressés dans l'herbe — et, au sommet du Tor, la tour solitaire d'une chapelle, seul témoin du drame.
Ce qu'il faut voir
- Les ruines de l'abbatiale, pans de murs et arches dans la prairie.
- La chapelle de la Vierge (Lady Chapel) et les vestiges les mieux conservés.
- Le Glastonbury Tor et sa tour solitaire (St Michael), lieu du supplice de 1539.
- Le souvenir des légendes arthuriennes et du Graal.
Contes, légendes & anecdotes
Sur le Tor où fut pendu l'abbé Whiting se dresse encore la tour d'une chapelle dédiée à saint Michel — tout ce qui reste de l'église qui la couronnait. Depuis ce sommet balayé par le vent, on embrasse toute la plaine du Somerset. Le lieu, chargé de légendes (le Graal, Avalon, le roi Arthur), est ainsi devenu le symbole même de la Dissolution : une colline sacrée transformée, en un jour de 1539, en gibet pour le dernier gardien de l'ancienne foi.
Sources
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Fiche mise à jour le 25 septembre 2026


